Monde

Chen Guangcheng, l'activiste chinois aveugle, s'est échappé

Slate.fr, mis à jour le 27.04.2012 à 17 h 40

Chen Guangcheng dans sa vidéo. Capture d'écran.

Chen Guangcheng dans sa vidéo. Capture d'écran.

L'activiste chinois Chen Guangcheng, assigné à résidence depuis un an et demi, s'est échappé de son domicile le 22 avril, rapporte le Guardian. 

Cet avocat autodidacte (car n'ayant pas eu le droit de s'inscrire à l'université en raison de sa cécité) est l'une des figures de proue de la dissidence chinoise et de la dénonciation des excès de la politique de l'enfant unique.

Ce n'est que jeudi 26 avril que les autorités locales ont eu connaissance de l'évasion, comme le précise une dépêche de l'AFP à qui Bob Fu, activiste de la place Tiananmen aujourd'hui domicilié au Texas et fondateur de China Aid. Il explique:

«Il a pu sortir de sa maison le 22 avril et ses amis ont été alertés et l'ont escorté vers un lieu en sécurité, hors de la province de Shandong.»

He Peirong, une autre dissidente chinoise et amie de l'activiste, a déclaré avoir participé à son évasion et l'avoir emmené «dans un endroit relativement protégé» hors de sa province natale, sans vouloir communiquer plus de détails.

Le 27 avril, Chen Guangcheng a publié sur Internet une vidéo dans laquelle il s'adresse au Premier ministre chinois, comme l'explique la BBC. Il confirme alors son évasion et demande que la sécurité de ses proches soit assurée.

En effet, la veille, au cours d'une descente des autorités locales dans le village de Chen Guangcheng, des membres de sa famille, notamment sa épouse, son neveu Chen Kegui et son frère aîné Chen Guangfu, ont subi des violences physiques. Ces deux derniers auraient par ailleurs été emmenés par la police, selon Bob Fu.

L'endroit où se trouve Chen Guangcheng n'a pas été déterminé avec précision. Il pourrait cependant s'agir de l'ambassade américaine de Pékin, avec laquelle Ho Peirong a déclaré avoir eu des contacts, mais qui s'est refusée à tout commentaire. La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton, qui a souvent évoqué le cas de Chen Guangcheng, sera en Chine la semaine prochaine.

Avant d'être assigné à résidence, Chen avait passé quatre ans en prison pour avoir dénoncé des avortements contraints et des stérilisation parmi la population locale dans le cadre de la politique de l'enfant unique. En 2010, il a été libéré pour être confiné chez lui sans motif légal valable.

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