Le portrait du chevalier d'Eon, Saint-Patron des travestis, retrouvé

Le portrait du chevalier d'Eon

C'est le plus vieux portrait d'un travesti qui vient d'être mis au jour dans une salle des ventes new-yorkaises. Et pas n'importe quel travesti, peut-être le plus célèbre au monde, le chevalier d'Eon.

Le site ArtDaily raconte. La curiosité de Philip Mould, vendeur d'art et historien de l'art, a été piquée au vif quand il a vu le «portrait d'une femme à un chapeau à plumes», une œuvre du XVIIIe siècle. La «femme» avait en effet des traits un peu trop masculins selon lui.

Après un nettoyage minutieux de la toile, la vérité est apparue:

«Le portrait est celui de l'espion, diplomate légendaire et travesti, le chevalier d'Eon, perdu depuis 1926.»

Le tableau, actuellement en la possession de la galerie de Philip Mould, pourrait rapidement se retrouver dans la collection permanente de la British National Portraits, rapporte News Discovery.

Autre découverte, l'auteur de la peinture. Au départ attribuée à Gilbert Stuart, elle s'avère être l'oeuvre de Thomas Stewart, qui peignait des acteurs et des scènes de théâtre dans les années 1790. Le portrait a été découvert dans la collection qui appartenait à Ruth Stone, fille de Samuel Klein, souligne le site Culture 24.

Le chevalier d'Eon, de son vrai nom Charles Geneviève Louis d'Eon de Beaumont, est considéré comme le «Saint-Patron des Travestis». Sa vie est une des «plus colorées et picaresque du XVIIIe siècle», rappelle le site britannique.

«On pense qu'il a espionné pour le compte du Roi Louis XV, menant des opérations d'espionnage en Russie sous le nez de la Tsarine [Elisabeth de Russie] habillée en soubrette, avant de devenir ambassadeur de France en Angleterre.»

Un véritable «personnage», comme le soulignait Pierre Assouline dans un post de blog consacré à une biographie signée Evelyne Lever, Le Chevalier d'Eon, Une vie sans queue ni tête.

«S'il n'avait été qu'un hermaphrodite, on n'en parlerait plus ; il défraya la chronique mondaine par son goût du travestissement mais si sa vie n'avait été que cela (...), sa réputation n'aurait pas survécu à son temps. (...) De son temps, on a dit Charles de Beaumont (…) non-conformiste, sulfureux, excentrique, fou, mou du bas... Dans ce livre, on le voit négocier à Saint-Pétersbourg avec la tsarine Elisabeth une alliance avec la France, puis préparer une projet d'invasion de l'Angleterre, pays où il acheva ses existences (49 ans sous les atours d'un homme, 33 sous ceux d'une femme) dans la misère, non sans que le moment 1789 ne pousse l'ancien capitaine de dragons en lui à proposer en vain à l'Assemblée nationale de conduire une unité d'amazones, ce qui aurait eu effectivement une allure folle. (…) Prisonnier de sa mystification sous peine de passer pour aliéné, il demeura officiellement une femme.»

A sa mort, un concile de médecins déclara néanmoins qu'il s'agissait bien d'un homme.

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