Monde

Des Afghanes empoisonnées pour qu'elles n'aillent pas à l'école

Slate.fr, mis à jour le 18.04.2012 à 12 h 34

REUTERS/Raheb Homavandi

REUTERS/Raheb Homavandi

Environ 150 jeunes filles d’une école afghane ont été empoisonnées après avoir bu de l’eau dans un établissement scolaire au nord du pays. Selon les sources officielles, cet empoisonnement serait du fait d'extrémistes qui sont opposés à l’éducation des femmes, explique Reuters. Les autorités n’ont toutefois accusé aucun un groupe en particulier, craignant des représailles. Le porte-parole du ministère de l’Education dans la région nord de Takhâr, Jan Mohammad Nabizada, a ainsi déclaré:

«Nous sommes sûrs à 100% que l'eau qu'elles ont bue à l'école était empoisonnée. C'est l'œuvre d'adversaires de l'éducation des filles ou d'individus irresponsables armés.»

Aucun mort, mais la moitié des victimes, qui ont entre 14 ans et 30 ans, se sont évanouies, après avoir toutes souffert de maux de tête et de vomissements. Certaines sont maintenant dans un état grave. Les autres ont pu rentrer chez elles après avoir été soignées à l’hôpital. Le Dr Hafizullah Safi, directeur du département santé de la province de Takhâr, analyse:

«En examinant l’état de santé de ces jeunes filles, je peux définitivement dire que leur eau était contaminée par un quelconque poison (…) Mais on ne sait pas encore avec quoi leur eau a été contaminée.»

En 2010, une centaine de jeunes filles et de professeurs ont également subi le même traitement, rappelle CNN.

Quand les talibans étaient au pouvoir, entre 1996 et 2001, ils avaient interdit l’accès à l’éducation pour les femmes. Mais depuis leur éviction, les femmes sont retournées à l’école, particulièrement à Kaboul, la capitale. Néanmoins les femmes, lycéennes, professeurs et leurs écoles sont encore victimes d’attaques. Ce qui est nouveau, c’est que ces agressions ont d’habitude lieu dans le sud ou l’est du pays, plus conservateur, là où le soutien à l’insurrection talibane a le plus d’appuis et non au nord comme dans le cas présent.

Le Monde précise:

«L'an dernier, le gouvernement afghan avait annoncé que les talibans avaient renoncé à interdire l'école aux filles, ce que ces derniers n'ont toutefois jamais explicitement reconnu.»

A la fin du mois de mars dernier, un rapport de Human Rights Watch dénonçait la situation de 400 femmes emprisonnées pour «crimes moraux».

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