Tupac sur scène: une technologie vieille du XIXe siècle (VIDEO)

Image extraite du concert de Tupac à Coachella, le 15 avril 2012.

Non, Tupac Shakur n’est pas revenu de son île déserte où il se dore la pilule en compagnie de Michael Jackson, le King et Bob Marley. Ce n’est pas le rappeur, décédé le 13 septembre 1996 à la suite d'une fusillade, qui a fait son apparition sur la scène du festival Coachella (Californie) dimanche 15 avril aux côtés de Snoop Doog, mais un hologramme. Rien à voir avec la technologie de Star Wars, juste un banal procédé utilisé dans le cinéma depuis des décennies et qui remonte au XIXe siècle, comme l’explique le site New Scientist.

Développé par la société londonienne Musion et mis en place à Coachella par l’entreprise d’effets spéciaux de James Cameron, Digital Domain, le procédé se fonde sur une technique des années 1860 baptisée Pepper’s ghost (du nom de son inventeur, John Henry Pepper).

A la base, il s’agit de projeter une image sur une vitre inclinée à 45 degrés, la réfraction donnant l’impression que l’objet ou la personne reflétée flotte dans les airs. Dans le cas de 2Pac, le procédé a été amélioré en utilisant un filtre spécifique à base de papier Mylar (ou Musion Eyeliner) invisible, étendu sur toute la largeur de la scène, rapporte le SunHerald. 

Ce n’est pas du tout la première fois qu’une telle technologie est utilisée, rappelle le site Ars Technica. Al Gore en 2007, Madonna et Gorillaz en 2006 ou encore Richard Branson, en 2005: tous ont fait appel à au Pepper's ghost pour alimenter leur show. Un bricoleur du dimanche a même réussi à fabriquer un décor d’Halloween dans son jardin en utilisant cette technique.

L'invention de John Henry Pepper est également utilisée au cinéma, détaille le site New Scientist. C’est par exemple cette technique qui a permis de donner vie aux Na'vi dans Avatar, incarnés par Sam Worthington et Zoe Saldana.

Mais on peut aller plus loin. Le Pepper's ghost pourrait être davantage utilisé à l’avenir afin de faire jouer à nouveau devant la caméra des comédiens décédés. Stephen Rosenbaum, responsable des effets spéciaux chez Digital Domain explique:

«Quand vous voyez les images et les représentations actuelles, on y croit totalement. Il ne manque plus qu’un réalisateur soit suffisamment courageux pour franchir le pas.»

Toutes ces explications laissent néanmoins une question sans réponse: comment les techniciens ont-il réussi à recréer la voix de Tupac, le faisant par exemple citer le festival de Coachella alors que ce dernier a été créé après sa mort et qu'ils n'ont dont pas pu utiliser des enregistrements?