Life

La dépression, une maladie qui touche aussi le corps

Slate.fr, mis à jour le 12.04.2012 à 11 h 43

 Au seuil de l'éternité, Vincent van Gogh, wikimedia.

 Au seuil de l'éternité, Vincent van Gogh, wikimedia.

Vous pensiez que la dépression se contentait de ronger votre esprit (et que c’était déjà pas mal)? Des études récentes soulignent que les gens atteints de dépression sont davantage susceptibles de développer des maladies physiques plus sérieuses plus tôt. Le Wall Street Journal explique en effet que des maladies qui touchent normalement des personnes plus âgées comme la démence, les congestions cérébrales, des maladies cardiaques, le diabète, ont plus de probabilité de survenir chez une personne plus jeune si elle a été dépressive.

L’explication révélée par ces récents travaux scientifiques, menés notamment par l’université américaine UCSF, c’est que l’on peut observer des changements dans les chromosomes, qui sont identiques chez une personne qui vieillit que chez une personne atteinte de dépression (ou de stress intense). Le Wall Street journal explique:

«Le phénomène, connu sous le nom de “vieillissement accéléré” est en train de remodeler la compréhension du champ du stress et de la dépression, pas simplement comme des maux physiologiques, mais comme des maladies atteignant l’ensemble du corps, dont les changements d’humeur pourraient n’être que le symptôme le plus manifeste.»

Des recherches ont montré que l’un des éléments-clé dans le vieillissement accéléré, au niveau cellulaire de notre corps, est le télomère, sorte de couverture protectrice à l’extrémité des chromosomes. Ces télomères raccourcissent avec le vieillissement, et leur raccourcissement, donc la diminution de leur effet protecteur, est lié au risque accru de maladie et de mortalité. Ces télomères peuvent aussi être affectés par la dépression.

«Les scientifiques expliquent que d’autres travaux doivent encore être menés pour déterminer exactement à quel point une expérience psychologique peut affecter la longueur des télomères. Certaines études indiquent que plus une personne connaît d’épisodes dépressifs, plus cela a un impact sur leur longueur.»

Elissa Epel, professeur de psychiatrie à l’UCSF, qui a travaillé sur la question, tempère le côté négatif de ces recherches, dans un article publié sur le site de l'université. Beaucoup de facteurs dans le style de vie, comme le sport, le régime alimentaire, ont aussi des effets sur la longueur des télomères.  

«Si notre histoire personnelle a un impact, il est possible que ce que l’on fait au jour le jour ait un impact plus grand encore sur la protection de nos télomères.»

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