Monde

Les volcans islandais vont réchauffer les Britanniques

Slate.fr, mis à jour le 12.04.2012 à 14 h 57

Station géothermale près d'Hveragerði, Islande, en septembre 2006. REUTERS/Bob Strong

Station géothermale près d'Hveragerði, Islande, en septembre 2006. REUTERS/Bob Strong

Le Royaume-Uni est en négociation avec l'Islande pour utiliser l'énergie géothermique qu'elle produit en grande quantité grâce à ses nombreux volcans.

C'est l'objet de la rencontre entre le ministre de l'Energie britannique Charles Hendry et les responsables du réseau islandais, qui aura lieu en mai d'après le Guardian.

Cette énergie serait transférée vers le Royaume-Uni via une sorte de super-réseau de câbles à haute-tension disposé sur 1.000 à 1.500 kilomètres au fond de l'océan. Un tiers de la demande moyenne d'électricité du pays pourrait être couverte.

Mais le super-réseau connecterait aussi l'île britannique à l'énergie éolienne du nord de l'Europe et à l'énergie solaire d'Afrique du Nord et d'Europe de l'Est, à la manière des deux connecteurs internationaux qui relient déjà le Royaume-Uni à la France et aux Pays-Bas. A l'automne 2012, c'est un lien entre Irlande et Pays de Galles qui sera ouvert pour faire profiter le pays de l'énergie verte en provenance de la très ventée côte atlantique.

Car comme l'a annoncé Charles Hendry, malgré une indépendance énergétique qui a tenu durant presque toute l'histoire du Royaume-Uni, le pays va désormais devoir «dépendre de l'énergie importée». Pour répondre à la demande, mais aussi pour répondre à l'obligation de réduire les émissions de carbone via l'énergie verte.

Selon un classement repris par la BBC, le Royaume-Uni était en 2011 le 7e investisseur mondial en énergie verte avec 9,4 milliards de dollars. Energie verte qui ne fait pas l'unanimité: le Daily Mail s'inquiète par exemple de ce que les paysages des soeurs Brontë, dans le Yorkshire, pourraient être défigurés par un parc éolien...

Mais le Royaume-Uni reste aussi attaché à son parc nucléaire, un engagement réaffirmé en mars lorsqu'il avait annoncé sa volonté de renouveler un parc vieillissant de 10 centrales assurant près d'un cinquième de la production nationale d'électricité. Comme le rapportait Le Parisien, les allemands EON et RWE s'étaient alors retirés du nucléaire britannique en se séparant de leur co-entreprise Horizon Nuclear Power, à l'oeuvre sur deux projets de centrales.

Un accord commercial de février 2012, rappelle le Guardian, prévoit aussi que le Royaume-Uni bénéficie de la production de l'EPR de Flamanville.

Ce projet de super-réseau câblé va-t-il faire baisser la note d'électricité des foyers britanniques? C'est en tout cas ce qu'affirme le ministre de l'Energie, qui promet que rompre l'isolement de l'île permettra d'avoir à chaque instant accès à l'énergie la moins chère. Tony Glover de l'Energy Networks Association abonde en ce sens:

«Pour les consommateurs, la capacité à se relier aux offres énergétiques du reste de l'Europe est bonne pour la compétition et aidera à garantir la compétitivité des prix.»

Toujours dans cette optique, comme le rapporte The Independent, le gouvernement a annoncé que les 6 grosses compagnies énergétiques nationales avaient conclu un accord avec lui et devront désormais écrire à leurs consommateurs au moins une fois par an pour les aider à identifier de meilleurs tarifs.

Slate.fr
Slate.fr (9125 articles)
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte