Monde

«Euro Neuro»: l'Eurovision rappe et se moque de la crise

Slate.fr, mis à jour le 10.04.2012 à 12 h 20

«Euro Neuro» de Rambo Amadeus. Capture d'écran

«Euro Neuro» de Rambo Amadeus. Capture d'écran

Si Emir Kusturica et Borat s’étaient rencontrés pour écrire une chanson, le résultat serait sans doute proche de l’univers de Rambo Amadeus. De son vrai nom Antonije Pusic, Amadeus est le représentant du Monténégro pour l’édition 2012 du concours de l’Eurovision, l’événement non sportif le plus regardé au monde, rappelle le magazine Time sur le blog Global Spin.

Habitué de la satire, cet artiste qui se définit comme «un des chanteurs cultes les plus en vue de la scène ex-yougoslave» a choisi de s’inspirer de la crise européenne des dettes souveraines pour écrire son rap décalé, Euro Neuro. «J’aime explorer l’espace situé entre sagesse et stupidité», raconte le chanteur au Time. «L’Union européenne et l’euro sont en quelque sorte dans une situation de névrose, et j’avais envie de les aider. Je n’ai pas de remède. C’est juste un diagnostic.»

Dans un clip loufoque, le chanteur voyage en Europe avec un âne —une représentation de l’Europe pauvre et rurale— et rencontre des représentants de plusieurs pays aisés qui restent indifférents à ses difficultés financières… «Euro neuro, ne soyez pas dogmatique, bureaucratique / Vous devez devenir pragmatique (…)», chante Rambo Amadeus, avant d’attaquer son refrain:

«Euro neuro, Euro neuro / break-dance monétaire / Euro neuro, euro neuro / Donne-moi une chance de me refinancer.»

 

L’Eurovision sert souvent de baromètre culturel et politique de l’Europe contemporaine, estime le Time, citant l’exemple de la victoire en 2010 de la jeune Allemande Lena Meyer-Landrut. Certains observateurs y avaient vu une reconnaissance des votants pour l’Allemagne, qui avait encouragé la création trois semaines plus tôt du fond européen de stabilité financière.

Tourné en dérision et parfois qualifié de «Tchernobyl culturel» pour la qualité médiocre de ses compositions, l’Eurovision livre chaque année son lot de clips ringards et de groupes à l’allure kitschissime. La représentante de la France, Anggun, semble cette année rester fidèle à la tradition. Paroles incompréhensibles, clip absurde avec placement de produits… Comme l’écrit le site de Voici, «A mi-chemin entre le spot de pub et le court-métrage expérimental, cette vidéo ne rime à rien.» Avant de conclure, moqueur:

«Vu qu’elle répète en boucle “In my dreams“ (“dans mes rêves“, en français), on saisit que tout cela se passe dans un pays très lointain où on ne peut aller qu’en fermant les yeux. Avec un peu de chance, dans ce pays, Anggun remportera même la victoire à l’Eurovision.»

 

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