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A Pâques, les «stigmatisés» ressentent les mêmes souffrances que Jésus

Temps de lecture : 2 min

Crucifixion by Mia Tavonatti. rkramer62 via Flickr CC License by.
Crucifixion by Mia Tavonatti. rkramer62 via Flickr CC License by.

Chaque année à Pâques, certaines personnes ressentent les mêmes douleurs que Jésus lors de sa crucifixion et se mettent à saigner des mains et des pieds. Un phénomène étrange que l'Église catholique considère elle-même avec circonspection: la plupart des «stigmatisés» qui ont été canonisés ou béatifiés l'ont été pour d'autres raisons, l'autorité papale n'ayant pas reconnu l'apparition sur leur corps de stigmates semblables à celles du Christ.

«Ils entendent les coups de marteau, voient la croix devant eux, sentent les coups de fouet et les piquants de la couronne d'épines. Leurs plaies commencent à saigner abondamment le vendredi Saint. [...] En général, ces gens souffrent d'une façon effroyable pendant deux jours. Le jour de Pâques, les saignements s'arrêtent et ils ne ressentent plus de souffrance», explique dans un entretien à l'hebdomadaire bavarois SZ Magazin le psychiatre allemand Gerd Overbeck, qui étudie ce phénomène depuis plus de trente ans avec le médecin et frère jésuite Ulrich Niemann.

«La réponse classique consiste à dire que ces gens sont des menteurs ou des fous. Mais nous avons aussi rencontré des gens en parfaite santé qui portaient de telles stigmates. Ces gens se plongent dans une extase religieuse active, qui est comparable à la méditation profonde. La fixation sur la croix est comme une hypnose, qui se transforme en transe. [...] Les stigmatisés s'infligent eux-mêmes ces blessures pendant qu'ils sont en transe, ce qui fait qu'ils n'arrivent pas ensuite à se souvenir comment elles sont apparues», indique le psychiatre.

Saint-François d'Assise (XIIIème siècle) est le premier stigmatisé de l'histoire chrétienne. Plus de 400 stigmatisés ont depuis été recensés, dont une centaine seulement au 20e siècle. Le médecin explique cela par le grand besoin de spiritualité, de méditation et d'intériorité qui marque notre époque.

Sur les 20 cas que les deux médecins ont étudié, 18 étaient des femmes, la plupart étant issues d'un milieu religieux. «Ça peut paraître paradoxal, explique Gerd Overbeck. C'est à rattacher à un souhait d'empathie avec Jésus. Ces femmes veulent partager les émotions et les souffrances du crucifié. Elles ne se prennent pas pour le Christ, mais veulent en fait se sentir comme lui, se marier avec lui de façon mystique.»

Dans certaines communautés chrétiennes, il est par ailleurs coutume lors des célébrations de Pâques de s'infliger les mêmes châtiments corporels qui ont été infligés à Jésus lors de sa crucifixion, comme aux Philippines, où certains vont même jusqu'à se faire crucifier pour prouver leur ferveur. Au Salvador, les talciguines («les possédés»), comme on les surnomme, préfèrent fouetter les autres plutôt qu'eux-mêmes pour expier leurs péchés.

Slate.fr

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