France

Affaire Bettencourt: le juge Gentil a demandé sa mutation

Slate.fr, mis à jour le 08.04.2012 à 14 h 52

le Palais de justice de Bordeaux. Les Hutchins via Wikimedia Commons.

le Palais de justice de Bordeaux. Les Hutchins via Wikimedia Commons.

Jean-Michel Gentil, le juge chargé, notamment, de l'instruction du volet politico-financier de l’affaire Bettencourt, a demandé sa mutation, selon Le Monde. Il serait candidat «au poste envié de premier président chargé de l'instruction au tribunal de Paris» mais «la chancellerie lui préfère un autre magistrat —d'autant que débarquer à quelques jours d'une élection présidentielle le juge qui instruit l'affaire la plus menaçante pour le chef de l'Etat pourrait être mal interprété».

Le juge de Bordeaux, 29e au tableau d'avancement à l’ancienneté et pourtant déterminé, selon le quotidien, à «aller jusqu'au bout du dossier Bettencourt», a déposé un recours contre son concurrent devant le Conseil supérieur de la magistrature.

Le juge Gentil a déjà mis en examen de nombreuses personnes dans les différents volets de l’affaire Bettencourt: dans les volets d’abus de faiblesse aux dépens de la milliardaire et de blanchiment, l’ancien ministre du Budget et du Travail Eric Woerth, l’ancien protégé de l’actionnaire principale de L’Oréal François-Marie Banier, son compagnon Martin d'Orgeval et l’ancien gestionnaire Patrice de Maistre; dans le volet d’atteinte à la vie privée, le majordome Pascal Bonnefoy, qui avait réalisé des enregistrements clandestins au domicile de Liliane Bettencourt, et les directeurs de rédaction et journalistes Franz-Olivier Giesbert, Hervé Gattegno (Le Point), Edwy Plenel, Fabrice Arfi (Mediapart) et Fabrice Lhomme (Le Monde, ex-Mediapart), qui en avaient publié des extraits.

Surtout, le juge a relancé le volet politico-financier de l’affaire en plaçant en détention provisoire Patrice de Maistre le 22 mars pour abus de faiblesse et abus de biens sociaux, décision confirmée par la cour d’appel de Bordeaux le 30 mars.

Il s’intéresse notamment à des remises au gestionnaire de fortune d’argent provenant de comptes en Suisse de Liliane Bettencourt peu avant des rendez-vous avec Eric Woerth, alors trésorier de l’UMP et de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy. Cette procédure, qui relance les soupçons de financement illégal de la campagne du chef de l’Etat, a déclenché de nombreuses réactions dans la classe politique.

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