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Pendant les naufrages, c'est les femmes et les enfants... après

Slate.fr, mis à jour le 08.04.2012 à 12 h 26

une scène du film «Titanic» de James Cameron (20th Century Fox).

une scène du film «Titanic» de James Cameron (20th Century Fox).

«Les femmes et les enfants d’abord!»? En matière de naufrages, la réalité est plutôt «Les femmes et les enfants après», selon une étude de Mikael Elinder et Oscar Erixson, deux chercheurs de l’université d’Uppsala (Suède), citée par Rue89.

Le site d’information souligne que, selon le chercheur australien Wayne Hall, 70% des femmes et enfants passagers du Titanic ont survécu au naufrage, survenu il y a pratiquement cent ans jour pour jour, le 14 avril 1912, contre seulement 20% des hommes. Mais cette statistique est «l’exception» plutôt que la règle: en se fondant sur dix-huit catastrophes maritimes survenues entre 1852 et 2011, les auteurs calculent que 40% des hommes y ont survécu, contre 30% des femmes —même si l’écart tend à se réduire depuis 1945— et 15% des enfants.

Hypothèse principale: la fameuse consigne «Les femmes et les enfants d’abord!» ne serait plus donnée par les commandants de bord —qui, et c’est une autre statistique surprenante, sont près de la moitié à survivre aux naufrages, de même que 60% des équipages.

Le 19 janvier dernier, nous avions publié après le naufrage du Costa Concordia (vingt-quatre morts et huit disparus) un article sur la règle supposée des «femmes et enfants d’abord», dont la non-application pendant le drame avait été critiquée:

«Y a-t-il des lois régissant la manière dont on abandonne un navire? Oui, mais elles ne font mention ni des femmes ni des enfants. L’Organisation maritime internationale a publié un règlement très détaillé précisant l’emplacement et la taille des chaloupes de sauvetage que doit posséder tout navire de croisière, ainsi que la rapidité avec laquelle une compagnie doit être capable de procéder à l’évacuation. […] Dans ces situations d’urgence, les hommes laissent parfois passer les femmes d’abord, mais cela n’a rien à voir avec la loi maritime, et c’est une tradition qui est loin d’être universelle.»

Nous expliquions que, jusqu’au milieu du XVIIIe siècle, le fait de survivre ou non à un naufrage était vu comme le choix de Dieu, et que donc «personne ne critiquait les hommes qui piétinaient celles et ceux qui faisaient obstacle à leur survie». Avec les Lumières et la montée en puissance du concept de responsabilité humaine s’est imposée l’idée selon laquelle les femmes et les enfants devaient être privilégiés.

En 1852, les soldats du HMS Birkenhead, un navire de la marine royale anglaise, se mirent au garde-à-vous tandis que les femmes et les enfants embarquaient sur les chaloupes de sauvetage, tandis qu’en 1854 les survivants, tous masculins, du naufrage du SS Artic furent traités de lâches par la presse.

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