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Ce que le carême change pour les hyènes

Slate.fr, mis à jour le 06.04.2012 à 12 h 20

Une hyène dans la réserve nationale de Masai Mara, Barry Moody/REUTERS

Une hyène dans la réserve nationale de Masai Mara, Barry Moody/REUTERS

En Éthiopie, le carême n’est pas réservé qu’aux humains, les hyènes le subissent également. Durant cette période, les membres de l’Église éthiopienne orthodoxe tewahedo (aussi appelée Église copte d’Éthiopie) abandonnent la viande et les produits laitiers.

En modifiant leur comportement alimentaire, les hommes modifient également celui des hyènes qui se nourrissent de leurs restes, explique Live Science. Ce sont les résultats de chercheurs de l’université Mekelle (Éthiopie), travaillant sur l’influence du régime alimentaire humain sur celui de la hyène.

Durant les 55 jours avant Pâques, au lieu de se nourrir de carcasses d’animaux tuées par d'autres, les hyènes sont obligées de tuer leurs propres proies. Plus connues pour se nourrir des restes des autres, la hyène est, en effet, également capable de chasser. Elle peut tuer des zèbres, des gnous et même de jeunes rhinocéros. Ce que confirme Gidey Yirga, chercheur à l’université Mekelle qui a participé à cette recherche:

«Les hyènes peuvent quasiment manger n’importe quelle matière biologique, même une charogne putride ou une carcasse infectée par de l’anthrax. Elles sont capables de manger et digérer l’intégralité de leurs proies exceptées pour les poils et les sabots. Les os sont si bien digérés que seuls les composants non organiques sont excrétés par la hyène.»

En étudiant les excréments des hyènes, sur trois sites au nord du pays, au premier et dernier jour du carême, et également 55 jours après la fin du jeûne, les chercheurs se sont aperçus que les hyènes se sont reportées sur les ânes durant la période de jeûne. Avant le carême, les déjections des hyènes contiennent 14,8% de poils d’ânes. Contre 33,1% après. Ce chiffre retourne à 22,2% une fois le jeûne est terminé.

Ces résultats, publiés dans le Journal of Animal Ecology, montre l’adaptabilité de la hyène à son environnement ainsi que la forte interpénétration entre sa vie et celle de l’homme.

«Comprendre en détail les comportement carnivores dans un environnement anthropologique peut aider à dévoiler les causes d’un conflit, permettant d’adopter de meilleures stratégies afin de réduire la présence de nourriture fournie par l’homme et empêcher des heurts», conclut le chercheur.

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