A qui appartient la Lune?

Moon Dreams / jurvetson via Flickr CC Licence By

A qui appartient la Lune? Pour l’instant à personne, rappelle le magazine Wired. Mais au moment où entreprises, milliardaires et gouvernements commencent à s’intéresser à l’espace, la question pourrait quitter le domaine de la science-fiction pour devenir un problème réel…

Car l’établissement d’un droit de propriété privée sur les corps célestes pourrait encourager des acteurs privés à investir sur la Lune, pour le plus grand bénéfice économique de notre planète, estime le consultant en «politique spatiale» Rand Simberg. Qui a proposé un projet de loi sur la colonisation de l’espace et a publié un article pour détailler ses idées dans le cadre d’un think tank libertarien.

La communauté internationale pourrait ne jamais adhérer à un tel projet. Le traité international qui régit les questions extra-atmosphériques, le Outer Space Treaty, stipule en effet que l’espace est un bien commun de l’humanité, et que l’exploration comme l’usage de ces territoires doivent être faits pour le bénéfice de tous. Un texte interprété comme interdisant de réclamer un droit de propriété privée sur un territoire extraterrestre.

Le gouvernement américain ne pourrait donc accepter la proposition de Simberg qu'en tournant le dos à ses engagements antérieurs et au reste de la communauté internationale… Mais Simberg fait une analogie avec les pionniers de la conquête de l’Ouest:

«Le gouvernement a ouvert les territoires et les gens sont allés s’y installer.»

Selon lui, deux sociétés ont déjà des projets d’extraction de minerais rares sur le sol lunaire, et «plus vite la législation sera mise en place, plus vite cela arrivera». Or selon Wired, le Congrès américain est plus préoccupé par les coupes budgétaires du programme spatial national que par les questions de droit de propriété extraterrestres...

Comme l’écrivait Judith Chetrit sur Slate.fr, l’Accord sur la Lune et autres corps célestes de 1979 précise que «l’exploration de la Lune doit être une province de l’humanité et doit être entreprise au bénéfice et pour l’intérêt de tous les pays, quelque soit leur degré de développement économique ou scientifique».

Un accord que les grandes puissances spatiales (Etats-Unis, Chine, Russie) n’ont jamais ratifié. Et jusqu’à présent, ceux qui se sont essayés au business de l’immobilier lunaire l’ont fait en profitant du flou juridique. Le National Geographic rappelait ainsi en 2009 l’imbroglio juridique qui entoure les activités de Dennis Hope, célèbre entrepreneur de l’espace, à la tête d’une entreprise —la Lunar Embassy Corporation— qui vend des parcelles de terrain sur la Lune…

Quant à Rand Simberg, son optimisme est inébranlable et les risques écologiques liés à l’exploitation des ressources lunaires semblent être le cadet de ses soucis:

«Il y a des gens qui pensent que les rochers ont des droits, je n’en fais pas partie.»

Photo: Moon Dreams / jurvetson via Flickr CC Licence By
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Publié le 06/04/2012
Mis à jour le 06/04/2012 à 11h21