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Cancer de la prostate: le dépistage sanguin sans intérêt

Temps de lecture : 2 min

Precious drop / Rosmary via FlickrCC License by
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Nouvel élément d’importance dans la controverse sur les modalités pratiques du dépistage du cancer de la prostate: le dépistage régulier (par voie sanguine) ne présente pas de véritable intérêt, et ce y compris chez les hommes considérés comme étant «à haut risque» pour cette lésion maligne.

C’est la principale et spectaculaire conclusion rendue publique le 4 avril d’un rapport de la Haute autorité de santé (HAS) rédigé à la demande de la Direction générale de la santé.

Cette conclusion est formulée après une analyse exhaustive de littérature médicale spécialisée et l’examen des rapports et recommandations des sociétés savantes et organismes d'évaluation en santé au niveau national et international.

Selon la HAS, «il n'y a pas de preuve suffisante pour justifier la mise en place d'un dépistage» et ce même chez les hommes à haut risque. Cette institution estime en revanche indispensable de fournir une information complète, détaillée et adaptée aux hommes envisageant la réalisation d'un dépistage, et notamment sur ses conséquences éventuelles et les effets secondaires indésirables de ce dépistage.

En France, le cancer de la prostate est le plus fréquent des cancers chez l'homme avec 71.200 nouveaux cas en 2011 et 8.700 décès. Son dépistage peut se faire par la pratique du toucher rectal et par le dosage (actuellement très répandu chez les hommes de plus de 50 ans) d’un marqueur sanguin, le PSA (pour prostate-specific antigen).

Comme elle l’avait conclu pour la population masculine générale en 2010, la HAS considère aujourd’hui qu’il n’existe pas de preuve de l’intérêt du dépistage du cancer par dosage du PSA chez les hommes sans symptômes mais considérés comme à plus haut risque de cancer de la prostate: antécédents familiaux, origine africaine, exposition à certains agents chimiques.

Pour la HAS, rien ne permet de penser que les hommes ayant des facteurs de risque développent des cancers de la prostate de forme plus grave ou d'évolution plus rapide.

Pratiquer un dépistage régulier du taux de PSA, c’est exposer également les hommes à des risques de résultats faussement positifs et donc aussi à des biopsies de confirmation diagnostique (perte de sang dans les urines et le sperme, risque d'infections, de rétention urinaire, possibilité de faux négatifs) et enfin aux conséquences physiques et psychologiques liées aux traitements (impuissance sexuelle, incontinence urinaire, troubles digestifs). La HAS fournit sur ce thème un document questions/réponses.

La HAS estime toutefois nécessaire de conduire des recherches pour comprendre ce qu’il en est de la situation aux Antilles, caractérisées par une sur-incidence et une surmortalité par cancer de la prostate par rapport aux autres régions.

Slate.fr

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