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Élection d'Aung San Suu Kyi: quel avenir pour la Birmanie?

Temps de lecture : 2 min

Aung San Suu Kyi /edenpictures via Flickr CC License by
Aung San Suu Kyi /edenpictures via Flickr CC License by

L'opposante birmane Aung San Suu Kyi aurait remporté un siège de député lors d'élections historiques le 1er avril, avec 82% des voix dans sa circonscription, selon la Ligue nationale pour la démocratie (LND) dont elle est la secrétaire générale. La lauréate du prix Nobel de la paix, longtemps maintenue en résidence surveillée par la junte militaire en place, salue la «victoire du peuple» et affirme:

«Nous espérons qu'il s'agit du début d'une nouvelle ère, dans laquelle le peuple jouera un rôle plus grand au quotidien dans les affaires politiques de notre pays. Nous espérons que tous les partis qui ont pris part à ces élections accepteront de coopérer avec nous pour créer un environnement réellement démocratique dans notre nation.»

Les résultats officiels ne tomberont que dans une semaine selon Global Spin, blog du site du New York Times, et d'ici là, les choses peuvent changer.

Des irrégularité électorales, qui «ne semblaient pas découler de mauvaises intentions», ont été notées par les observateurs internationaux présents avant et au moment de l'élection, il n'est donc pas impossible que la junte militaire, humiliée, tente de «réduire le triomphe du LND» d'ici là.

Aung San Suu Kyi ne devrait cependant pas remettre en cause la sincérité du déroulement du scrutin car il représente «un test pour l'ouverture du régime» et «selon les analystes, le gouvernement a lui-même intérêt à voir l'opposante triompher sous le regard de la communauté internationale», notamment pour que les sanctions occidentales qui impactent l'économie du pays soient levées.

Si Aung San Suu Kyi a bien décroché sa place au Parlement, elle sera attendue sur des questions telles que «l'aide aux paysans, l'allègement des taxes, la promotion des investissements», selon l'AFP, reprise par Le Point.

Mais l'un des objectifs premiers de la «Dame de Rangoon» selon Reuters, sera de modifier la Constitution, mise en place selon l'opposition grâce à un référendum truqué, pour réduire le pouvoir de l'armée. Adoptée en 2008, elle permet en effet au chef de l'État de «transmettre ses pouvoirs au chef des forces armées dans des situations d'exception qui restent, au demeurant, mal définies».

Aung San Suu Kyi «a l'occasion (...) de bâtir un véritable parti d'opposition», explique Thitinan Pongsudhirak, de l'université Chulalongkorn de Bangkok, cité par l'AFP. L'opposante n'est plus seule face à la junte militaire comme ce fut le cas autrefois, elle va maintenant devoir «être pragmatique» et laisser de côté son âme de révolutionnaire pour, en quelque sorte, rentrer dans les rangs.

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