France

Squarcini: Forsane Alizza s'entraînait au djihad en France

Slate.fr, mis à jour le 01.04.2012 à 11 h 10

- Vidéo du leader du groupe Mohammed Achamlane, postée le 6 février 2012. -

- Vidéo du leader du groupe Mohammed Achamlane, postée le 6 février 2012. -

Le patron des services de renseignements intérieur Bernard Squarcini a donné quelques détails sur le «coup de filet» qui a conduit vendredi à l’arrestation de 17 personnes soupçonnées de graviter autour du groupement pro-djihadiste Forsane Alizza et dont la garde à vue a été prolongée samedi.

Malgré la dissolution du groupe en janvier 2012, ces «hommes continuaient à suivre un entraînement physique, dans les parcs, les bois». Entraînement à base de paintball et de jogging, «comme de jeunes cadres dynamiques», a déclaré Squarcini:

«Ils voulaient nommer des émirs dans chaque région. Ce qui était important à leurs yeux, c'était de se structurer de façon solide. Il y avait des séances collectives d'aguerrissement, avec un discours très violent, un endoctrinement religieux. Ils semblaient préparer un enlèvement.»

Lors les perquisitions, les policiers ont retrouvé des «ordinateurs, des puces, de l'armement, de l'argent, 10.000 euros en petites coupures, quatre kalachnikov, huit fusils, sept ou huit armes de poing, un taser, des bombes lacrymogènes...»

Dans un récent article sur le groupuscule, nous indiquions ignorer si des membres de Forsane Alizza s’étaient armés et entraînés dans des camps à l’étranger, ou en France même, comme l’avait assuré Claude Guéant au moment de la dissolution du groupe:

«Il est insupportable que dans notre pays, un groupement forme des personnes à la lutte armée, je dis bien à la lutte armée, pour toute éventualité terroriste contestataire qui pourrait se présenter.»

Cité par l’AFP, Mohammed Achamlane, un porte-parole de ce movement (arrêté vendredi), réfutait à l’époque toute dimension militaire à l'usage du terme «soldat» employé dans un message publié sur le site du mouvement:

«Le mot soldat est utilisé aussi chez les chanteurs. Cela ne veut pas dire forcément soldat armé en tenue militaire.»

Selon son avocat, Mohammed Achamlane a réfuté samedi, par la voix de son avocat dans un entretien à Presse Océan, «toute intention terroriste» et «dénonce la tentative de récupération médiatique et politique, orchestrée en pleine période électorale». Sur ce point, il est d'accord avec le responsable policier, qui a refusé tout lien avec l’affaire Merah, et tout lien avec la campagne présidentielle:

«Lorsque je disais, il y a quelques mois que la menace terroriste était très élevée en France, on ne m'a pas cru et on nous disait déjà que c'était politique. (…) Là, on a la démonstration que la menace était réelle. L'affaire de Toulouse est terminée et certains nous ont aussi dit qu'on pouvait arrêter Merah avant les tueries, ce qui est une idiotie.»

Selon Squarcini, le prochain dossier en lien avec des operations terroristes et l’élection à venir en France sera l’affaire des otages français au Mali. «A mon avis, cela ne va pas tarder à entrer aussi dans la campagne», a-t-il dit.

Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) détient au total treize Européens dans le Sahel, dont six Français. Ils seraient toujours en vie.

Image: - Vidéo du leader du groupe Mohammed Achamlane, postée le 6 février 2012. -

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