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L'Otan pourrait être responsable de la mort de 63 migrants

Temps de lecture : 2 min

Drapeau de l'Otan
Drapeau de l'Otan

Un échec «humain, institutionnel et légal». Ce sont les termes utilisés dans un rapport du Conseil de l'Europe sur le cas des 63 réfugiés africains morts au large de la Libye il y a tout juste un an.

Rapport qui met notamment en avant une éventuelle responsabilité de l'Otan, qui pourrait finir devant la justice si elle se précisait, comme le rapporte The Guardian.

L'embarcation de ces 72 migrants originaires de plusieurs pays subsahariens (âgés de 20 ans à 25 ans et deux bébés) avait dérivé deux semaines au large de la Libye avant d'atteindre la côte. Soixante-trois d'entre eux étaient alors morts de faim et de soif bien que le navire ait été localisé par les autorités européennes après plusieurs appels de détresse.

Le rapport, rédigé par la sénatrice néerlandaise Tineke Strik, évoque un «jour sombre pour l'Europe»: d'après ses recherches, la tragédie aurait pu être évitée si les autorités compétentes avaient rempli leurs obligations sommaires.

D'après The Guardian, une série d'interrogations demeurent dans cette affaire: l'Otan a d'abord nié avoir reçu un appel de détresse avant de changer de version et de mentionner un fax envoyé par un garde-côtes italien, qui a également envoyé un appel de détresse censément reçu par tous les navires, mêmes militaires, dans la zone. En outre, plusieurs navires de l'Otan se trouvaient près du navire, mais aucun n'a tenté de sauvetage. L'Otan dit ensuite avoir transféré le message à toutes ses unités, poursuit The Guardian, mais le ministère de la Défense espagnol, dont une frégate se trouvait à proximité immédiate du bateau naufragé, affirme n'avoir reçu aucune communication.

Judith Sunderland, chercheuse pour l'organisation Human Rights Watch, explique au Guardian:

«Le message principal du rapport du Conseil de l'Europe est: tant d'acteurs différents auraient pu sauver ces 63 vies, mais aucun ne l'a fait. De nombreuses questions restent sans réponses, et il est vraiment temps que l'Otan et ses Etats membres mènent de véritables enquêtes pour déterminer ce qui a conduit à ces morts tragiques, et qu'ils examinent ce qui peut être fait pour éviter de nouvelles morts en mer.»

L'Otan a rejeté ces accusations, précisant également qu'elle avait participé au sauvetage de plus de 600 personnes dans la Méditerranée. «L'Otan a donné une quantité significative d'informations au Conseil de l'Europe, a soutenu la porte-parole de l'organisation citée par le Washington Post. Nous n'avons pas de traces d'un navire ou d'un vol de l'Otan qui aurait vu ou serait entré en contact avec ce bateau en particulier.»

En 2011, «au moins 1.500 personnes ont perdu la vie en tentant de traverser la Méditerranée», rapporte France Info en citant le rapport.

Slate.fr

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