Monde

Fuite de gaz de Total: un Deepwater Horizon bis en mer du Nord?

Slate.fr, mis à jour le 28.03.2012 à 11 h 41

Des torchères brûlent les gaz résiduels d'une plateforme d'extraction de gaz au Japon, le 9 février 2012. REUTERS/Kyodo

Des torchères brûlent les gaz résiduels d'une plateforme d'extraction de gaz au Japon, le 9 février 2012. REUTERS/Kyodo

Une torchère brûle toujours sur la plateforme Total d'Elgin, en mer du Nord britannique, alors que du gaz inflammable s'en échappe depuis une fuite dimanche 25 mars, rapporte l'AFP.

C'est une des plus graves situations de crise pour Total depuis le naufrage de l'Erika, en 1999, et l'explosion de l'usine AZF, en 2001, et elle est potentiellement plus difficile à gérer que celle que BP a affronté avec l'explosion de sa plateforme Deepwater Horizon.

Comme l'explique l'océanographe Simon Boxall à la BBC, «ce gaz a une très forte proportion de sulfure d'hydrogène et de dioxyde de carbone, ce qui le rend très inflammable et assez toxique»:

«Le gros problème qu'ils ont, c'est qu'ils doivent gérer un gaz très combustible, alors qu'avec Deepwater Horizon on avait du pétrole, qui ironiquement peut être parfois très difficile à enflammer.»

La torchère –un dispositif permettant de brûler les gaz résiduels sur les installations industrielles–, brûle encore sur place, à proximité donc de ce gaz inflammable, au risque d'une explosion si les deux entrent en contact.

Total explique à la BBC que cette flamme a été «laissée de façon délibérée» sur la plateforme lors de son évacuation dimanche, et qu'il n'y avait pas de danger immédiat d'explosion puisque les deux étaient séparés par 90 mètres et que le vent poussait le gaz dans une direction opposée à celle de la torche. Le groupe précise que la flamme s'est réduite entre dimanche et mardi, et que la torche devrait s'éteindre d'ici quelques heures.

Le nuage de gaz visible à onze kilomètres à la ronde enveloppe la plateforme Total d'Elgin, après la fuite de gaz de dimanche 25 mars, détaille Les Echos.

Vu le risque d'explosion, le groupe pétrolier français a fait évacuer les 238 salariés de la plateforme dès la nuit de dimanche à lundi, et une zone d'exclusion maritime de 3,7 kilomètres a été mise en place, les avions et hélicoptères étant interdits de survol sur 5,5 kilomètres.

Mardi, Shell a également fait évacuer ses employés de deux de ses plateformes pétrolières situées à quelques kilomètres de celle de Total.

Du liquide s'est d'abord échappé de la plateforme d'ElginFranklin, explique France TV Info, entraînant la formation d'une nappe fine d'hydrocarbure d'environ 12 km2. D'après les estimations de Total, 23 tonnes de gaz s'étaient échappées entre dimanche et mardi matin.

Le pétrolier français estime que la situation est «stable», mais sans savoir encore exactement d'où provient la fuite. Le gaz s'échappe par la tête de puits, explique Les Echos, dans la partie de la plateforme située au-dessus du niveau de la mer. Le groupe Total pourrait réaliser un puits de secours pour diminuer la pression sur le puits principal, mais ce type d'opération prend «au minimum six mois», d'après le responsable de la sécurité et de l'environnement chez Total au Royaume-Uni, David Hainsworth.

Contrairement à ce qui s'est passé sur Deepwater, la fuite d'Elgin n'a fait pour l'instant aucun mort ni blessé. La possibilité d'un incident majeur a tout de même fait chuter l'action de Total en bourse, avec son plus fort recul depuis 2008 mardi à la fermeture des marchés.

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