Economie

Vente du Rafale en Inde: un député indien dénonce une «manipulation»

Slate.fr, mis à jour le 27.03.2012 à 11 h 03

Le Rafale lors d'une démonstration au Bourget. REUTERS/Pascal Rossignol

Le Rafale lors d'une démonstration au Bourget. REUTERS/Pascal Rossignol

Le 31 janvier 2012 l’avion de chasse Rafale, construit par Dassault, remportait un énorme contrat avec l’Etat indien: 126 appareils, pour un montant estimé à 12 milliards de dollars, soit 9,2 milliards d'euros. Deux mois plus tard, un député indien affirme que l’appel d’offre a été «manipulé», afin de favoriser la victoire du Rafale, rapporte le Telegraph.

Dans une lettre adressée au ministre de la Défense indien, l’élu s’inquiéte également de certains rapports montrant que les Rafales étaient surpassés par les Typhoon lors d’opérations en Libye.

L’enjeu est de taille. D’après le Telegraph, l’obtention du contrat «avait fait l’objet d’un intense lobbying de la part du Royaume-Uni» et devait aboutir à la création de «2.000 emplois supplémentaires». Après réception de la lettre, le ministre de la Défense Arackaparambil Kurien Antony a immédiatement ordonné un examen du processus d’évaluation.

Le contrat a apporté une bouffée d’oxygène au constructeur français, qui avait essuyé de nombreux échecs auparavant, sans jamais parvenir à vendre son avion, pourtant l’un des plus performants du monde.

Mais, outre-Manche, l’incompréhension est de mise. Le Typhoon Eurofighter, modèle concurrent produit entre autres par la compagnie britannique BAE Systems, semblait en effet avoir de bonnes chances d’obtenir les faveurs de New Delhi. Dès le 1er février, le Premier ministre David Cameron affirmait qu’il allait contacter les autorités indiennes pour comprendre les raisons de ce choix:

«Le Typhoon est un superbe avion, bien meilleur que le Rafale.»

Dans les faits, le contrat n’est pour l’instant pas conclu entre l’Inde et Dassault, mais New Delhi a annoncé l’ouverture de négociations exclusives avec le constructeur français, afin de finaliser l’accord. En attendant une éventuelle enquête portant sur la procédure, le Rafale semble enfin décoller, porté par ce premier succès.

Un deuxième appel d'offre d'une valeur d'un milliard de dollars (753 millions d'euros), va en effet être lancé par la marine indienne, pour lequel le Rafale a de grandes chances de succès. De plus, la présidente du Brésil, Dilma Rousseff, se rend en Inde jeudi 29 mars, pour participer au sommet des Brics (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud). Or le Brésil doit bientôt désigner le vainqueur de son appel d’offre portant sur 36 avions, pour une valeur de 5 milliards de dollars (3,7 milliards d’euros), rappelle le Parisien, pour qui «la décision de l'Inde pourrait inciter le Brésil à faire le même choix».

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