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La haine du hipster, de Berlin à New York

hipster/colinlogan via Flickr CC License by

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On les reconnaît au premier coup d'œil, avec leurs grosses lunettes à monture d'écaille, leurs jeans moulants et leur sac en toile accroché à l'épaule. Frange ou coupe à la Jeanne d'Arc et médaillon doré atterrissant de préférence entre les seins pour les filles, moustache ou barbe et petit pull col en V laissant apparaître quelques poils timides chez les garçons.

Ils vivent dans des appartements anciens et travaillent «dans les médias». Ils ne jurent que par les produits high-tech sur lesquels brille une pomme et en même temps par les appareils photos les plus cheap, le vieux Lubitel en plastique en tête.

Les branchés de Berlin, de Londres ou de New York ne veulent pas être mainstream. Mais ceux qu'on appelle les hipsters se ressemblent tous, explique le quotidien berlinois Tagesspiegel, reprenant une dépêche de l'agence de presse allemande DPA.

On trouve aussi bien sûr des hipsters à Paris, mais Berlin restant incontestablement la capitale européenne de la fête et des artistes, leur concentration est très élevée dans la capitale allemande, en particulier dans le quartier branché de Kreuzberg.

«On ne croise pratiquement plus de gens authentiques, car chacun veut être branché», écrit un utilisateur du blog berlinois Spreeblick, qui reprend une chanson intitulée Fuck you Hipsters:

Encore plus drôle, ce mode d'emploi (en anglais) pour apprendre comment en être. Entre autres: porter des collants fluo, jouer du synthé et acheter l'application qui permet de prendre des photos façon polaroïd avec son smartphone:

L'été dernier, à Berlin, un collectif anti-hipster avait organisé une «olympiade hipster» rien que pour se moquer, sur fond de manif' anti-gentrification, durant laquelle on pouvait par exemple participer à des courses sur des caisses de Club Mate, la boisson culte des nerds berlinois.

Un groupe Facebook répondant au doux nom de Hipster Hass (haine des hipster) existe désormais, avec en photo de profil un piège à loup sur lequel ont été négligemment déposés un appareil photo analogique et une paire de Ray Ban. Et Hitler lui-même a été transformé en hipster efféminé et béat carburant à la MDMA le week-end sur un site parodique.

Le site de vente par correspondance Ruffiction propose d'ailleurs un T-Shirt estampillé «Hipster Hass».

Mais la palme de la haine anti-hipster revient certainement au site new-yorkais http://lookatthisfuckinhipster.com/, une méchante collection de photos d'hipsters anonymes.

Et le pire de tout ça, c'est que «la plupart de ceux qui critiquent les hipsters en sont eux-mêmes», estime l'écrivain new-yorkais Mark Greif, qui leur a consacré un livre.

Mais pourquoi tant de haine? Parce que c'est hip, tiens! Comme le notait avec ironie le Guardian en 2010: «S'il y a quelque chose de plus à la mode que d'être un hipster, c'est de se moquer d'eux

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