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Brandir une arme vous fait penser que les autres en portent aussi

Slate.fr, mis à jour le 23.03.2012 à 11 h 21

I think I heard a shot / KetuGajjar via Flickr CC Licence By

I think I heard a shot / KetuGajjar via Flickr CC Licence By

Une étude dirigée par le professeur de psychologie James Brockmole publiée dans le Journal of Experimental Psychology montre que les gens qui brandissent une arme ont tendance à «voir» une arme dans la main de la personne qui leur fait face, écrit le Science Daily.

Lors de cinq expériences, on a montré aux participants de multiples images de personnes apparaissant sur un écran d’ordinateur, en leur demandant de déterminer si la personne portait une arme ou un objet neutre comme une cannette de soda ou un téléphone portable. Les sujets de l’expérience répondaient tout en portant eux-mêmes un faux pistolet de console Wii ou un objet neutre comme une balle en mousse.

Les chercheurs ont pris soin de faire varier les détails de chaque scène présentée aux participants, l’allure des personnes présentées sur l’écran ou la couleur de leur peau. Or dans toutes les situations, l’étude montre que répondre avec une arme à la main conduit à penser à tort que la personne présentée sur l’écran porte elle-même une arme. Dans le cas où les chercheurs demandaient aux volontaires de porter une chaussure à la main, ces derniers voyaient aussi plus souvent une chaussure dans la main de la personne qui leur était présentée.

«Les croyances, les prévisions et les émotions peuvent toutes influencer la capacité d’un observateur à définir un objet comme étant un pistolet», précise le psychologue James Brockmole, spécialiste de l’influence du monde visuel sur le comportement des individus. Or l’étude montre que la situation dans laquelle la personne est placée (porter une arme) influe elle aussi sur sa capacité à reconnaître un objet. La simple possibilité d’utiliser une arme à feu préparerait le cerveau à reconnaître une arme chez quelqu'un d'autre.

Selon le Scientific American, cette adaptation humaine peut certes être un avantage pour un policier quand le suspect est armé… Mais peut aussi être la cause de réactions aux conséquences tragiques. «Dans un quart des situations lors desquelles la police fait feu, les suspects ne sont pas armés. Dans quelques cas récents, les officiers ont pris des téléphones portables ou des sèche-cheveux pour des pistolets, ont tiré et tué les victimes», précise le Scientific American.

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