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Allemagne: on ne danse pas pendant les fêtes religieuses

Temps de lecture : 2 min

Silhouettes on the dancefloor / James Nash via FlickrCC License by
Silhouettes on the dancefloor / James Nash via FlickrCC License by

A l'approche de Pâques, la polémique sur le Tanzverbot ressurgit en Allemagne. Cette loi désuète, qui interdit de danser lors des fêtes religieuses et nationales, est plus ou moins appliquée selon les Länder.

La Hesse fait partie des régions qui comptent le plus de fêtes soumises au Tanzverbot: douze jours au total. Dans ce Land de l'ouest de l'Allemagne, il est donc interdit de guincher entre le Jeudi saint, 4 heures, et le Samedi saint à minuit, puis entre le dimanche et le lundi de Pâques, de 4 heures jusqu'à midi.

Mais la loi doit être cette année appliquée main dans la main avec les propriétaires de discothèques de la Hesse, indique le Frankfurter Allgemeine Zeitung. Contrairement à son prédécesseur, qui avait multiplié les contrôles dans les discothèques l'an dernier et provoqué un tollé, Markus Frank (CDU), l'actuel chef du service de maintien de l'ordre public de Francfort, capitale de la Hesse, a rencontré le syndicat des patrons de boîtes de nuit et annoncé qu'il n'y aurait pas de gros contrôles pendant ces cinq jours de fête, se voulant coopératif mais tout de même ferme: «Je pars du principe que les personnes concernées ont compris que nous ne tolérerons pas d'infractions», a-t-il déclaré au FAZ.

Pour Stephan Büttner, le chef de Dehoga, le syndicat des discothèques et des salles de danse allemandes, cette interdiction de danser est «une antique relique des temps anciens», qui ne correspond plus à la volonté et aux attentes des citoyens allemands.

L'Église elle-même remet en cause l'application à la lettre du Tanzverbot: il vaudrait mieux interdire les événements bruyants qui ont lieu dans l'espace public plutôt que dans les clubs, estime Stephan Krebs, porte-parole de l'Église évangélique dans la Hesse et Nassau, en faisant référence au flash-mob dansant anti-Tanzverbot qui avait eu lieu l'an dernier dans les rues de Francfort.

Mais ce dernier considère tout de même qu'il est nécessaire de protéger le repos dominical, le Vendredi saint, le Jour des morts ainsi que le Volksvertrauertag (le jour de deuil du peuple), une journée de commémoration dédiée aux morts de la guerre et aux victimes de la tyrannie, qui est célébrée deux dimanches avant le premier dimanche de l'Avent.

Les Verts allemands le rejoignent sur ce point. Exception faite de ces trois jours fériés, ils souhaitent réformer la loi de façon à ce que l'on puisse danser dans les clubs ou aller à un match de foot en toute impunité pendant les autres fêtes religieuses. La députée verte Sarah Sorge, citée sur le Frankfurter Rundschau, trouve le Tanzverbot restrictif, opaque et inadapté à la réalité sociétale:

«Actuellement vous pouvez écouter de la musique fort et vous saouler dans les discothèques le jour du Vendredi saint –la seule chose qui est interdite, c'est de danser. Nous trouvons cela incohérent.»

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