Asma al-Assad: portrait d'une femme de dictateur

Asma al-Assad /Ammar Abd Rabbo via Flickr CC License by

Reuters trace le portrait d'Asma al-Assad, la femme du dictateur syrien Bachar al-Assad.

Nom de jeune fille: Asma al-Akhras. Née à Londres, elle y passe les 25 premières années de sa vie et anglicise son prénom pour se faire appeler «Emma». Elle étudie les sciences informatiques au King's College de Londres, début une brillante carrière dans la finance au sein de la banque JP Morgan avant d'épouser Bachar al-Assad en 2000 et de rejoindre la Syrie où celui-ci est appelé à reprendre le pouvoir, à la suite de la mort de son père, Hafez al-Assad.

À 36 ans et mère de trois enfants, la «rose du désert» comme l'avait surnommé Vogue, est décrite comme une femme «glamour», au «QI de tueuse», à la volonté «d'ouvrir la Syrie à travers l'art et la charité», au mode de vie et de pensée très occidental:

«Les gens ont été charmés par son attitude chic, ses vues libérales et son accent britannique. Elle a reçu la médaille d'or de la Présidence de la République italienne pour son travail humanitaire en 2008 et a remporté un doctorat honorifique d'archéologie de la part de l'université La Sapienza à Rome.»

«Elle semblait être très brillante, très respectueuse des autres», affirme Servadio Gaia, un historien et écrivain qui a travaillé avec elle sur plusieurs projets artistiques.

A travers les emails de Bachar al-Assad révélés par le Guardian, la Première dame de Syrie livre un autre visage. On y apprend notamment qu'elle fait son shopping en ligne à Londres et à Paris, dépensant des dizaines de milliers de livres dans des bijoux, des accessoires de luxe et des meubles alors que son mari réprime dans le sang l'opposition.

Dans un autre message, elle affirme être «le véritable dictateur» dans le couple, ajoutant que son mari, qu'elle soutient par ailleurs, n'a «pas le choix».

À la suite de ces emails selon le Telegraph, son nom pourrait rejoindre vendredi 23 celui de son mari sur la liste noire de l'Union européenne regroupant 114 dignitaires syriens menacés d’éventuelles sanctions, gelant ainsi ses actifs et comptes bancaires domiciliés dans les États membres de l'UE.