France

Y'a bon awards: Caroline Fourest dénonce les amalgames «dangereux» des Indivisibles

Slate.fr, mis à jour le 22.03.2012 à 10 h 24

Caroline Fourest /jcfrog via Flickr CC License by

Caroline Fourest /jcfrog via Flickr CC License by

Après avoir reçu le prix «Les Experts Chronikers» lors de la cérémonie des «Y'a bon awards», la journaliste et essayiste Caroline Fourest envisage de porter plainte pour «diffamation et injure, voire pour incitation à la haine» contre Les Indivisibles, l'association à l'origine de cet évènement selon l'Express.

La 4e édition des Y'a bon Awards qui se tenait le 19 mars faisait un «état des lieux de cinq années de propos, dispositifs, idées, visuels et lois racistes». Cette cérémonie, qui récompense les dérapages «à caractère xénophobes, racistes ou colonialistes français», a consacré la chroniqueuse du Monde et de France Inter pour des propos qu'elle avait tenu le 11 décembre 2010. Elle dénonçait alors «des associations qui demandent des gymnases pour organiser des tournois de basket réservés aux femmes voilées pour en plus lever des fonds pour le Hamas».

Sur son blog, dans un billet titré «Les Y'a bon awards déshonorent l'antiracisme», Caroline Fourest relève l'utilité de la cérémonie mais l'accuse de «combattre» ceux qui, comme elle, défendent la laïcité:

«Alors que la France pleurait les morts du tueur de Toulouse, Les Indivisibles organisaient une cérémonie des Y’a bon Awards… Et devinez qui obtint un “Y’a bon awards 2012”? Le tueur de Toulouse? Claude Guéant? Marine Le Pen? Jean-Marie Le Pen? Des journalistes qui ont banalisé l’agression d’Arnaud Montebourg et Audrey Pulvar? Des journalistes ayant minimisé les menaces professées contre moi par un cadre du FN? Non pas du tout… Christophe Barbier, Sylvie Pierre-Brossolette et moi-même!»

Caroline Fourest s'en prend à Rokhaya Diallo, vice-présidente des Indivisibles, et dénonce les «amalgames» fait par l'association, qu'elle qualifie de «dégueulasses et dangereux»:

«Les Indivisibles s’inscrivent dans cette famille idéologique, qui considère tout intellectuel féministe et laïque comme “islamophobe” dès lors qu’elle ose critiquer à la fois le racisme et l’intégrisme.»

Rokhaya Diallo n'a pas tardé à répondre aux accusations de la journaliste selon 20minutes.fr:

«C'est une blessure narcissique pour Caroline Fourest, la première lauréate à nous attaquer en justice. Les Y'a bon Awards ont pour mission de débusquer des propos racistes tenus par des gens qui ne sont pas ouvertement racistes, le racisme invisible et toléré.»

NDLR: Les Indivisibles écrivent occasionnellement des tribunes sur Slate.fr.

Article actualisé le jeudi 22 mars: Rokhaya Diallo était présidente des Indivisibles jusqu'en 2010, elle est vice-présidente depuis 2011.

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