Économie

Une partie des routes britanniques en voie de privatisation?

Temps de lecture : 2 min

- Embouteillage près de Bordeaux. Regis Duvignau / Reuters -
- Embouteillage près de Bordeaux. Regis Duvignau / Reuters -

Ne plus faire payer les routes par l'Etat. Alors que le Royaume-Uni se prépare à voter son budget pour 2012, David Cameron a évoqué lundi 19 mars la possibilité de privatiser une partie du réseau routier, critiqué depuis plusieurs années pour son mauvais état. Une situation catastrophique sur laquelle a insisté le Premier ministre britannique dans son discours:

«Nous perdons 7 milliards de livres (8,4 milliards d'euros) par an en raison des embouteillages –et pourtant le dernier gouvernement n'a construit que 25 miles (40 kilomètres) de nouvelles autoroutes.»

«Un prix devra être payé pour de meilleures routes», titre The Independent qui décrypte la proposition. Toute la question est de savoir qui supportera le poids des investissements, jugés nécessaires par la majorité des Britanniques par ailleurs.

Dans cette optique, David Cameron souhaite «ouvrir la voie à une semi-privatisation des routes et autoroutes, d’une valeur de plusieurs milliards de livres sterling», rapporte le Guardian qui ajoute que le plan permettra «aux fonds souverains de pays comme la Chine de louer des routes en Angleterre» (il s'agit de baux de longue durée permettant d'exploiter les routes).

Le ministre de l’Economie George Osborne s’est d’ailleurs récemment rendu à Pékin pour tenter de convaincre le gouvernement chinois d’investir dans ses infrastructures, il espère ainsi attirer plus de 20 milliards de livres (près de 24 milliards d’euros) de capitaux, d’après le Figaro.

Qui dit privatisation dit aussi nécessité pour les entreprises en charge du réseau de rentabiliser leur investissement, essentiellement par le biais de péages. Or «les automobilistes britanniques sont déjà parmi les plus taxés dans les pays industrialisés», rappelle The Independent, pour qui cette option n’est viable que si le conducteur peut également choisir d’emprunter des axes secondaires gratuits. En la matière, l’auteur s’appuie sur le modèle de la France:

«Les Britanniques qui roulent avec envie sur les routes françaises bien entretenues et paient pour utiliser les autoroutes doivent être conscients que nous avons un exemple réussi d’utilisation de l’argent privé pour la construction de routes, juste à côté de chez nous.»

Malgré tout, la privatisation n’est pas totale, l’Etat restant propriétaire des routes qu’il louera. De plus seules les nouvelles routes ou autoroutes construites par les compagnies privées auront le droit de posséder des péages, les routes «réhabilitées» demeureront gratuites.

«Le Royaume-Uni a l’un des pires réseaux routiers en Europe», admet le Telegraph, «mais l’histoire de la privatisation du réseau ferré devrait inciter à la prudence». Le quotidien rappelle que le transport ferroviaire du pays, privatisé durant les années 1980, sous Thatcher, n’est aujourd'hui pas «viable économiquement», voire «en désordre».

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