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Oublier son bébé dans la voiture, c'est un meurtre?

Temps de lecture : 2 min

Bebe computando2 /Checoo via Flickr CC License By
Bebe computando2 /Checoo via Flickr CC License By

Aux Etats-Unis, l'affaire a fait grand bruit. Karen Murphy, une vétérinaire, a oublié en juin dernier son enfant de 2 ans dans une voiture, et il en est mort. Lors de son procès qui a commencé le 12 mars, elle a plaidé coupable de négligence pour éviter une condamnation pour meurtre qui l'aurait envoyée en prison et lui aurait fait perdre ses diplômes.

Elle a finalement été condamnée à 400 heures de travaux d'intérêt général, 6 ans de prison avec sursis, «et toute une vie de deuil et de honte pour saboter sa joie dès que l'émotion osera monter à la surface». Une relative compassion de la justice américaine qui n'a pas manqué de déclencher les commentaires les plus haineux sur Internet, du type: «IL FAUT L'ENFERMER ET L'OUBLIER. FRANCHEMENT ELLE NE MÉRITE PAS DE VIVRE.»

Gene Weingarten du Washington Post raconte comment il a failli tuer sa fille de la même manière, et tente d'expliquer pourquoi ce type de négligence ne peut pas constituer un meurtre.

Ce genre de tragédie arriverait 15 à 30 fois par an aux Etats-Unis, selon Weingarten, particulièrement en été ou au printemps, périodes où les températures sont assez élevées pour tuer.

En France également, une mère dont la fille oubliée dans une voiture était morte de déshydratation avait comparu en novembre 2010 au tribunal de Créteil pour homicide involontaire.

Selon le Washington Post, les charges sont abandonnées dans 40% des cas et la mort est déclarée accidentelle. Dans les 60% restant, il y a accusation de meurtre ou de négligence d'enfant. La deuxième option semble être la plus opportune dans la mesure où personne ne pourra ainsi accuser la justice d'avoir été trop laxiste. Mais c'est aussi, comme l'explique Weingarten, la solution qui a pour effet «tourmenter encore davantage une famille au moment précis où elle aurait désespérément besoin de faire son deuil». Des accusations vécues comme une double-peine pour les familles, selon un ancien article du journaliste sur le même sujet, pour lequel il avait interrogé une dizaine de parents dont les enfants étaient morts dans les mêmes circonstances.

Pour Weingarten, il n'y a pas lieu pour la justice de condamner ces parents qui ne représentent un danger pour personne. Les parents impliqués sont généralement responsables et aimants, mais qui traversent des périodes de stress. En outre, les condamnations dans ce type de cas ne peuvent avoir de valeur d'exemple puisqu'il s'agit d'actes qui peuvent, par nature, arriver à tous.

Janette Fennell, présidente de l'association Kids and Cars, qui oeuvre pour la protection des enfants face aux dangers liés aux voitures, explique au Daily Mail qu'il est difficile de se mettre à la place de parents qui se trouvent pourtant dans une situation qui pourrait arriver à tous: beaucoup de stress, de choses à penser, et l'on se met dans la tête que l'enfant a bien été déposé à la garderie alors qu'il est dans la voiture depuis plusieurs heures.

Slate.fr

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