Economie

Travailler plus n'est pas forcément bon pour l'économie

Slate.fr, mis à jour le 19.03.2012 à 18 h 05

Beach Scene / Footloosiety via Flickr License by CC

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Rallonger les congés payés en période de crise, est-ce vraiment faire courir un risque à l'économie?

C'est ce que semblent penser les électeurs suisses, qui ont refusé le 11 mars par voie de référendum à près de 67% de passer de 4 à 6 semaines de congés payés par an, comme le rapportait alors Le Monde. Une proposition soutenue par des syndicats qui souhaitaient répondre à la problématique du stress au travail et faire «récolter (aux salariés) les fruits de la hausse de la productivité» de plus de 20% entre 1992 et 2007, expliquait le quotidien. Pour le magazine Time, si les Suisses ont dit non, c'est parce qu'ils ont eu peur de l'impact d'une telle mesure sur les emplois et l'économie du pays.

Niall Ferguson, un historien de Harvard cité par le Time, soutenait qu'en opposition à l'éthique de travail protestante des Américains (14 jours de congés annuels par an en moyenne), les Européens partagent une «une éthique de paresseux athées». Ethique qui, pourtant, ne coulera probablement pas l'Europe.

Le Time prend l'exemple des Grecs, qui, avec leurs 2.017 heures de travail par an et deux semaines de vacances annuelles, sont les plus gros travailleurs de l'Union. Face à eux, des Allemands qui travaillent seulement 1.408 heures par an. Pourtant, l'Allemagne est le 8e pays le plus productif d'Europe, la Grèce est 24e et le taux de chômage en Allemagne, pays considéré comme l'un des moteurs de l'Europe, est seulement de 6,8%.

La différence entre l'«éthique de travail» américaine et celle des Européens repose aussi, selon le Time, sur un élément bien simple: les Américains ne sont pas obsédés par leur boulot. Ils ne disposent simplement pas d'une législation qui les oblige à prendre des vacances.

Or, c'est prouvé, les vacances aident à mieux travailler. Nous vous avions par exemple parlé de ces entreprises qui donnent des vacances illimitées à leurs salariés.

«Laisser les employés travailler de la manière qu’ils veulent "ne peut qu’augmenter la productivité", selon une employée d’Accessibility Partners, entreprise qui applique ce système "car cela permet aux gens de travailler quand ils le peuvent le mieux, et non sur des horaires conventionnels de 9h à 17h en semaine"

Comme l'explique le Time, travailler plus n'a donc pas forcément un impact positif sur l'économie... Et pourrait même avoir un impact franchement négatif sur la santé des travailleurs, comme l'ont montré plusieurs études dont nous vous avions déjà parlé.

L'une d'entre elles, reprise par le Telegraph et menée sur des fonctionnaires britanniques avait par exemple montré que les travailleurs dont le temps de travail était supérieur ou égal à 11 heures avaient 2,5 fois plus de risques d'être affectés par un épisode dépressif majeur. Et une autre, datant de 2011, établissait un lien entre heures supplémentaires et risques cardio-vasculaires...

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