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Accusé d'avoir massacré 16 civils afghans, Robert Bales prépare sa défense

Slate.fr, mis à jour le 19.03.2012 à 11 h 20

Marine engineers. isafmedia via Flickr CC Licence by

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«Il n’est pas un psychopathe.» Ce sont les mots choisis par Chris Alexander, un officier américain, pour décrire le sergent Robert Bales, rapporte l’agence Associated Press. Ce militaire est accusé d’avoir massacré 16 civils afghans le 11 mars 2012, après être sorti de sa base située dans la province de Kandahar.

D’après Reuters, il serait actuellement détenu au fort Leavenworth, dans le Kansas. Il devrait rester enfermé dans une cellule individuelle jusqu’à ce qu’il soit formellement inculpé par la justice américaine. Le procès qui en découlerait aura lieu aux Etats-Unis et non en Afghanistan comme le réclamaient les autorités de Kaboul.

Alors que ses avocats vont commencer à préparer sa défense, son parcours et sa personnalité sont un peu mieux connus. Il apparaît tout d’abord que le suspect a été envoyé en mission à quatre reprises en Afghanistan et en Irak au cours des dix dernières années, relève le New York Times. Un nombre anormalement élevé, la moyenne se situant plutôt entre deux et trois théâtres d’opération sur la même période pour les soldats américains.

Une anomalie qui aurait pu causer un stress chez Robert Bales, entraînant la tuerie. Sur son blog, sa femme fait d’ailleurs état de la déception de la famille du militaire, qui espérait sa mutation en Allemagne en Italie ou dans d’autres lieux où Bales aurait été probablement moins envoyé en zone de guerre.

A la pression militaire s’ajoutait également des problèmes financiers, explique de son côté Business Week. Endetté, le couple avait dû mettre en vente deux maisons qu’ils avaient achetées dans l’Etat de Washington, pour une valeur inférieure à celle du prêt initial. Des biens immobiliers mis aux enchères alors que Robert Bales repartait en Irak pour sa troisième mission.

Les militaires constitueraient une cible privilégiée pour les banques et les organes de prêt, ajoute Business Week. En leur offrant la possibilité d’emprunter à des taux très élevés, ils espèrent ainsi réaliser des profits rapides, alors que le foyer est souvent fragilisé par l’absence d’un des conjoints.

Le sergent Robert Bales avait déjà eu affaire à la justice auparavant, pour une affaire d’agression sur une ex-petite amie, ainsi que pour une fuite après un accident de voiture, rapporte Reuters. Mais son entourage rejette avant tout la faute sur le manque de suivi et sur les défaillances du système de rotation de l’armée américaine. Des accusations qui devraient constituer la ligne de défense de Robert Bales.

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