Monde

Les parents allemands giflent à contre-cœur

Temps de lecture : 2 min

Hand sketch / Dave Kleinschmidt via FlickrCC License by
Hand sketch / Dave Kleinschmidt via FlickrCC License by

Près de la moitié des parents allemands battent leurs enfants, révèle un sondage Forsa-Institut paru dans le magazine parental Eltern: 40% des sondés déclarent avoir recours à la fessée, 10% à la gifle. Une étude qui fait tache au pays de l'éducation anti-autoritaire et des écoles Waldorf, inspirées de la doctrine anthroposophique de Rudolf Steiner.

Dans plus de la moitié des cas, les parents confient avoir recours à la violence quand leur enfant se montre insolent. La désobéissance, l'agressivité ou le mensonge comptent également parmi les motifs les plus invoqués pour justifier le passage à l'acte.

«On continue encore et toujours de taper, fesser et gifler... C'est la mauvaise nouvelle. La bonne: de moins en moins de mères et de pères le font. Et presque personne ne trouve cela bien quand sa main dérape», commente le magazine, qui avait déjà publié un sondage sur ce sujet il y a cinq ans: 46% des parents allemands avouaient alors frapper leurs enfants.

«Les parents battent aujourd'hui presque toujours leur enfant parce qu'ils sont stressés et démunis, mais presque plus parce qu'ils croient qu'ils agissent ainsi pour le bien de leur enfant», explique le chercheur Kai Bussmann, professeur en droit pénal à l'université d'Halle, cité dans l'hebdomadaire Zeit.

Comparée aux autres pays de l'Europe de l'Ouest, l'Allemagne est dans la moyenne. Les parents allemands frappent leurs enfants moins souvent que les Français, où la loi n'interdit toujours pas les châtiments corporels infligés aux enfants, rappelle l'hebdomadaire Focus.

Mais les enfants allemands sont cependant moins bien lotis que les jeunes suédois. En interdisant la fessée en 1979, la Suède a impulsé un changement de mentalité dans toute la société scandinave. C'est ce sur quoi tablent aujourd'hui les protecteurs de l'enfance en Allemagne, le droit à une éducation sans violences ayant été adopté en l'an 2000.

«Les lois changent la conscience», estime Oliver Steinbach, rédacteur en chef adjoint d'Eltern.

72% des parents sondés estiment d'ailleurs que les punitions n'apportent rien et que les compliments et les encouragements sont de bien meilleurs moyens d'éducation. Et les trois-quarts disent avoir mauvaise conscience après avoir collé une tarte à leur progéniture.

L'étude confirme enfin la ténacité du phénomène bien connu de la reproduction de la violence: 53% des parents claqueurs ont eux-mêmes été des enfants claqués. C'est d'ailleurs cette triste réalité qu'avait mise en scène la Fondation pour l'enfance l'an dernier dans un spot de pub contre les violences éducatives.

Newsletters

Les États-Unis veulent imposer une nouvelle vision de la Lune

Les États-Unis veulent imposer une nouvelle vision de la Lune

Les accords d'Artémis pourraient modifier le déroulement de la conquête spatiale.

Quelles origines européennes sont les plus représentées aux États-Unis?

Quelles origines européennes sont les plus représentées aux États-Unis?

En 2010, les personnes d'origine européenne représentaient environ 72% de la population totale du pays.

L’épidémie de Covid met en lumière la pauvreté à Genève

L’épidémie de Covid met en lumière la pauvreté à Genève

Le confinement a mis sur la paille les nombreux sans-papiers de la ville.

Newsletters