Nourrir la planète sans agriculture ni élevage

The feeding of the nine billions. YoTuT via Flickr CC Licence by

The feeding of the nine billions. YoTuT via Flickr CC Licence by

En 2011, le nombre d’êtres humains sur Terre a franchi le seuil des 7 milliards. D’ici 2100, la population mondiale pourrait même atteindre les 10, voire les 15 milliards, selon un rapport des Nations unies repris par le Monde en novembre dernier. Un accroissement démographique qui soulève régulièrement la même question: aurons-nous suffisamment à manger?

En février, Google lançait son projet «Solve for X», un forum destiné à aborder les grands problèmes de la planète par le biais des innovations technologiques. C’est dans ce cadre qu’une entreprise américaine baptisée Essentient (pour «Essential nutrient», nutriment essentiel) s’est donnée pour objectif de s’attaquer au problème qui taraude l’humanité en ce début de XXIe siècle.

Pour son PDG, David Berry, la solution est simple: il faut produire directement les nutriments dont nous avons besoin, sans passer par l’intermédiaire de l’agriculture ou de l’élevage, rapporte le site FastCoExist. Loin de la multiplication des pains biblique, ce miracle s’appuie surtout sur les progrès en matière de biologie.  

Après avoir effectué des recherches, les scientifiques d’Essentient auraient identifié un organisme unicellulaire capable de produire des éléments nutritifs, à la base des aliments. La nature utilise le CO2, l’eau et les rayons du soleil pour produire des nutriments, via les animaux et les plantes, Essentient souhaite juste accélérer le processus.

S’il ne précise pas vraiment sous quelle forme nous absorberons ces nutriments, David Berry espère atteindre «une production de 220.000 livres (107.690 kg) par acre (environ la moitié d’un hectare), alors que le record pour l’agriculture est de 3.600 livres».

Cette performance permettrait de nourrir l’ensemble de la planète à partir d’une surface équivalente à l’Etat américain de Rhode Island: 1200km², soit la taille de la ville de Rome. Par comparaison, la ville de Paris s’étend sur 105km² et l’Ile-de-France sur 12.000 km².

La production de notre alimentation est extrêmement exigeante en termes d’espace, et très polluante. Il est donc nécessaire de trouver un moyen pour «obtenir des nutriments indépendamment de la surface de terres arables disponible», explique David Berry au Boston Business Journal.

«L’agriculture comme elle existe aujourd’hui utilise 70% des réserves d’eau douce mondiales, et ne fournit toujours pas de nutrition de base pour le monde entier. Nous voulons juste voir si nous pouvons faire mieux.»

Pour produire nos aliments en plus grande quantité, d’autres pistes sont actuellement en cours d’exploration. Les expériences menées pour créer de la viande artificielle se poursuivent depuis plusieurs années. Une équipe de chercheurs néerlandais a récemment fait savoir qu’elle dévoilera à l’automne le premier steak haché fabriqué entièrement avec des cellules souches.

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