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Russie: des membres présumés du groupe punk Pussy Riot risquent sept ans de prison

Temps de lecture : 2 min

Les Pussy Riot dans la cathédrale Saint-Sauveur, 21 février. Capture d'écran
Les Pussy Riot dans la cathédrale Saint-Sauveur, 21 février. Capture d'écran

Le troisième mandat de Vladimir Poutine s’annonce aussi peu démocratique que les précédents. Avant même d'être jugés, deux membres du groupe Pussy Riot resteront incarcérés jusqu'au 24 avril, selon une décision de la justice russe rapportée par BBC News.

A l’origine de l’affaire, un happening dans une église orthodoxe. Pussy Riot est un groupe «anonyme de punk féministe, avec des paroles ouvertement anti-Poutine», comme il se décrit lui-même sur son site. «Il s’est formé en septembre 2011, juste après l’annonce de Poutine de briguer un nouveau mandat», relate Yaroslav Nikitenko, qui soutient le groupe sur le Nouvel Obs.

Le 21 février, cinq membres font irruption dans la cathédrale Saint-Sauveur de Moscou, avant d’entonner de fausses prières, implorant notamment la vierge Marie de les libérer de Poutine, ainsi qu’une chanson intitulée Holy Shit. Un geste humoristique à la symbolique très forte dans un pays où l’Eglise orthodoxe a conservé une grande influence.

Réélu le 4 mars au premier tour avec plus de 60% des voix, le président russe n’a vraisemblablement pas apprécié la prestation. Le 3 mars, soit la veille de l’élection présidentielle tant contestée, quatre personnes (trois femmes et un homme) sont arrêtées, bientôt suivies par deux autres le lendemain. Ils seront formellement inculpés par la justice le 5 mars. Le Guardian rapporte les chefs d’accusation, énumérés par le service de presse du gouvernement:

«Ces citoyens sont soupçonnés d'avoir commis un crime, l'un impliquant une violation flagrante de l'ordre public, y compris l'incitation à la haine religieuse dans le cadre d'une conspiration planifiée.»

Alors que quatre des activistes ont été ensuite remis en liberté, deux femmes, Мaria Alekhina et Nadezhda Tolokonnikova, restent emprisonnées et encourent jusqu’à 7 ans de prison. Présentées tour à tour comme «musiciennes du groupe», selon Libération, ou comme ayant été inculpées sans qu'«aucune preuve matérielle ne prouve leur lien avec Pussy Riot», selon Yaroslav Nikitenko, elles ont toutes deux entamé une grève de la faim.

Par ailleurs, les membres du groupe ont affirmé au Guardian avoir été interrogés pendant sept heure d’affilée, en pleine nuit, les policiers auraient également déclaré que l’affaire était suivie «au plus haut niveau de l’Etat».

Si l’affaire est autant relayée, c’est non seulement parce que le futur des deux jeunes femmes est en jeu, mais surtout parce qu’elle est emblématique de l’état de la Russie aujourd’hui. Les mouvements de protestation qui se sont développés depuis quelques mois dans le pays ne semblent pas avoir d’impact sur l’évolution du régime.

«Il est possible que les enquêteurs aient fait preuve d’une certaine partialité», a déclaré l’un des avocats des Pussy Riot. Une manière pudique de dénoncer une justice affiliée au pouvoir, ce qui, en Russie, est déjà un progrès.

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