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L'encyclopédie Britannica arrête son édition «papier»

Temps de lecture : 2 min

Volume 18 / Shishberg via Flickr CC Licence By
Volume 18 / Shishberg via Flickr CC Licence By

Dans les débats qui animent les spécialistes de l’édition, l’annonce de l’abandon de sa version imprimée par la prestigieuse encyclopédie Britannica, fondée en 1768 à Edimbourg, est certainement un symbole qui va peser de tout son poids… en faveur de l’édition numérique en ligne.

L’édition 2010 sera la dernière à se présenter sous forme imprimée, relate le blog Media Decoder du New York Times. Seuls 8.000 exemplaires (1.395 dollars) en ont été vendus, 4.000 autres sont en stock. En 1990, juste avant l’avènement du web, l’encyclopédie s’écoulait à 120.000 exemplaires…

«C’est un rite de passage vers une nouvelle ère», pour Jorge Cauz, président de l’entreprise Encyclopaedia Britannica basée à Chicago.

«Certaines personnes seront attristées et nostalgiques. Mais nous avons à présent un meilleur outil. Le site web est actualisé en continu, il est beaucoup plus complet et contient du contenu multimédia.»

Car c’est bien la concurrence d’Internet et notamment de son encyclopédie gratuite, collective et extrêmement populaire Wikipedia, qui a forcé l’encyclopédie à changer de modèle. Avec près de 4 millions d’articles en anglais, Wikipedia est devenue une source d’informations de plus en plus crédible, y compris parmi les chercheurs et les universitaires.

Mais Britannica conserve un avantage sur Wikipedia: des sources prestigieuses, des entrées éditées avec soin et la confiance associée à la marque. De plus, l’encyclopédie Britannica comportera moins d’entrées que son concurrent gratuit:

«Nous ne pouvons pas traiter chaque personnage de dessin animé, ni la vie sentimentale de chaque célébrité», ajoute Jorge Cauz. Pour qui «Britannica ne pourra être aussi étendue, mais elle sera toujours exacte».

Dans une encyclopédie, «un des meilleurs chercheurs au monde sur un sujet écrit l’entrée concernée, mais vous n’avez qu’un seul point de vue», précise au New York Times Gary Marchionini, spécialiste des sciences de l’information à l’université de Caroline du Nord. A l’inverse de l’encyclopédie collaborative Wikipedia qui peut être amendée par d’autres.

Le symbole de l’arrêt de l’impression masque pourtant le fait que celle-ci était déjà marginale dans les activités de l’entreprise. Comme le note le site TechCrunch:

«99% du revenu de la société qui édite Britannica vient d’autres produits. Et comme l’atteste le cas d’autres entreprises comme Kodak et Polaroid, un produit icône n’est pas forcément un produit à succès.»

Les revenus viennent à 85% de l’édition de livres scolaires. Les inscriptions à la version en ligne de l’encyclopédie représentent 15% du chiffre d’affaires, 500.000 foyers américains payant 70 dollars par an pour avoir accès au contenu complet en ligne.

Une évolution technique inexorable, selon TechCrunch qui écrit:

«Quelques professeurs à l’ancienne pourront apprécier le service (d'une encyclopédie imprimée), mais ça n’est un secret pour personne que si votre objectif est le stockage et la distribution d’un savoir de qualité, une collection volumineuse et chère de 32 tomes n’est pas la solution la plus adaptée.»

Slate.fr

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