Economie

Les Britanniques ont peur de confier leur nucléaire aux Français

Slate.fr, mis à jour le 14.03.2012 à 11 h 40

Cadarache, 2009. Jean-Paul Pelissier / REUTERS

Cadarache, 2009. Jean-Paul Pelissier / REUTERS

L'accord à 120 millions d'euros signé en février par David Cameron et Nicolas Sarkozy pour une coopération nucléaire entre France et Royaume-Uni ne fait pas l'unanimité outre-Manche, rapporte la BBC.

Deux compagnies françaises, EDF et Areva, se sont engagées à construire quatre nouveaux réacteurs nucléaires de troisième génération (EPR) sur le sol britannique (dans le Somerset et le Suffolk), pour remplacer les centrales qui arrivent progressivement en fin de vie.

Jonathan Porritt, Tom Burke, Charles Secrett et Tony Juniper, quatre spécialistes de l'environnement, anciens directeurs de Friends of Earth UK (Les Amis de la Terre) tentent d'alerter l'opinion (et le Premier ministre) sur ce qu'ils considèrent comme un dangereux legs des politiques énergétiques et climatiques britanniques à la France.

Dans une tribune du Guardian, Jonathon Porritt explique:

«EDF construira ces réacteurs seulement si les risques encourus sont pris en charge par les foyers et les entreprises britanniques plutôt que par eux-mêmes. En d'autres termes, si on leur garantit un prix assez élevé pour l'électricité générée par ces réacteurs, en dédommagement des immenses risques encourus dans la construction des réacteurs

Le risque est en effet que d'un paquet financier très avantageux pour EDF et Areva (construction et entretien des centrales) résultent des prix plus élevés pour les consommateurs britanniques. Un risque qui ne compensera pas les 1.500 emplois créés par les chantiers.

Les subventions allouées aux entreprises françaises représentent également un point de conflit. «Comment le Premier ministre peut-il bien justifier de payer des milliards de livres de subventions à des compagnies françaises quand le ministre des Finances réduit les aides sociales pour les personnes pauvres de Grande-Bretagne et qu'il y a un million de jeunes au chômage?» s'indigne Charles Secrett.

La difficulté de respecter les délais et de rentrer dans le budget de départ pourrait également ajouter au prix payé par les Britanniques, comme l'expliquent les experts sur le site de la BBC, en s'appuyant sur l'exemple finlandais. François Roussely, ancien dirigeant d'EDF, avait par ailleurs suggéré lui-même l'abandon de l' EPR de Flamanville.

Mais accorder à EDF et Areva la construction de nouveaux réacteurs de remplacement, comme l'explique Jonathon Porritt dans sa tribune, équivaut également à condamner les politiques énergétiques britanniques à poursuivre dans une voie nucléaire plutôt que de favoriser la recherche d'une alternative.

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