Partager cet article

Anatoly Sobtchak, le mentor de Poutine, aurait été empoisonné

Vladimir Putin Davos 2009. Word Economic Forum via Flickr CC Licence by

Vladimir Putin Davos 2009. Word Economic Forum via Flickr CC Licence by

Le «père politique» du président russe réélu le dimanche 4 mars a-t-il été assassiné? Dans son livre intitulé L’homme sans visage, l’improbable ascension de Vladimir Poutine, repris par Reuters, Masha Green développe en tout cas une thèse allant dans ce sens. Selon la journaliste russo-américaine (que vous avez pu lire sur Slate.fr à la veille de l'élection), Anatoli Sobtchak aurait été empoisonné au moyen d’un produit déposé sur sa lampe de chevet, un meurtre digne d’un film d’espionnage.

Premier maire élu de Saint-Pétersbourg, professeur de droit ayant rédigé une partie de la constitution russe, Anatoli Sobtchak a été tout à la fois l’enseignant et le mentor de Vladimir Poutine et de Dmitri Medvedev.  

Poutine devient assistant du maire de Saint-Pétersbourg en 1990. En tant qu’adjoint aux relations internationales de la ville, il aurait alors mis en place un système d’exportation de matériel de l’ex-URSS en direction de l’Allemagne, en échange d’une aide alimentaire qui n’est jamais arrivée. Près de  92 millions de dollars (70 millions d’euros) auraient disparu dans l’opération, estime la journaliste.

De son passage à la municipalité, Poutine gardera l’habitude de travailler dans des «systèmes clos», construits sur la base d’un «contrôle total (…) particulièrement sur les flux financiers et l’information», ajoute l’auteure, citée par le Guardian.

Accusé de détournement d’argent par la justice russe, Anatoli Sobtchak se réfugie à Paris de 1997 à 1999. Il devra attendre que Vladimir Poutine devienne suffisamment puissant sur la scène politique russe pour rentrer au pays en juin 1999. A partir de cette période, Sobtchak est un fervent supporter de Poutine qui, après être devenu Premier ministre, se lance alors dans la course pour succéder à Boris Elstine au poste de président.

Mais, le 20 février 2000, Sobtchak est rétrouvé mort dans un hôtel. Officiellement d’une crise cardiaque. Aux funérailles, un Poutine manifestement ému affirme:

«Ce n’est pas seulement un décès, c’est une mort violente qui résulte d’une persécution.»

Sobtchak aurait succombé au stress dû aux «fausses accusations» dont il faisait l’objet. C’est du moins ainsi que l’on interprète alors la déclaration de Poutine.

L’histoire en serait restée là si un journaliste, Arkady Vaksberg, n’avait pas enquêté sur cette mort. Et les éléments qu’il collecte corroborent très vite la thèse du meurtre: les deux gardes du corps de Sobtchak ont été traités pour des symptômes semblables à ceux provoqués par un empoisonnement, deux autopsies du corps ont été effectuées, sans que leurs résultats ne soient rendus publics. Enfin, la voiture de Vaksberg explose peu de temps après qu’il a publié un livre expliquant ses soupçons.  

Reprenant la thèse de Vaksberg, Masha Green n’avance pas de nouvelles preuves, mais rassemble les différentes informations disponibles, sans toutefois fournir le nom d’un éventuel coupable. Alors que la fille de l’ancien professeur de Vladimir Poutine, Kseniya Sobtchak, s’oppose désormais ouvertement au leader de Russie Unie, la mort de son père illustre le manque de clarté qui persiste sur le début des années Poutine.

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte