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Le train à grande vitesse, une menace pour le modèle californien?

Temps de lecture : 2 min

IMG_7887.jpg / tompagenet via Flickr CC Licence By
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Alors que le projet de construire une ligne à grande vitesse –le «Bullet Train»– en Californie a été approuvé par référendum en 2008, les débats sur son utilité prennent un tour politique et même philosophique, explique Ralph Vartabedian dans le Los Angeles Times.

La ligne, qui relierait San Francisco à Los Angeles, favoriserait la création de nouvelles communautés autour des gares, vivant dans des zones denses d’habitat individuel ou collectif. Un moyen, pour ses défenseurs, de réduire la péri-urbanisation de la Californie. Et donc de limiter les trajets automobiles et la consommation d’essence. L’Etat qui a fait de l’étalement urbain son modèle se rapprocherait ainsi d’un mode de vie urbain dense, proche de celui des Européens et des Asiatiques.

Une mauvaise idée pour les conservateurs américains, traditionnellement opposés au train, qui y voient un projet dirigiste éloigné de leur conception de la liberté individuelle, en plus d'être ruineux pour l’Etat.

Ce projet vise à «contrôler les masses, contrôler l’utilisation du territoire, décider où les gens devraient habiter», estime le député républicain Devin Nunes. Qui s’oppose farouchement au projet, y voyant «une forme de planification sociale» inspirée par la gauche.

L’un des arguments des autorités de transport de l’Etat est que la population va croître pour atteindre les 60 millions en 2050, contre 37 millions actuellement. Une bonne part de cette population irait vivre dans Central Valley, zone aujourd’hui enclavée. Mais les projections démographiques officielles ne font pas l’unanimité, et de plus les opposants doutent de la capacité de la Californie à accueillir un tel boum de population sans mettre en danger son équilibre.

«Comment ces 10 millions de nouveaux habitants feront pour gagner leur vie à Central Valley?», demande l’historien et auteur Kevin Starr, spécialiste de la Californie:

«Vous devez vous demander s’ils seront 10 millions de contribuables en plus ou 10 millions de personnes qui devront être prises en charge par les autres contribuables.»

Le projet de train à grande vitesse «a été survendu dès le début, avec des projections de 100 millions de passagers par an et des bénéfices colossaux (vous avez bien lu, des bénéfices pour un train), qui ont rendu sceptiques même les sympathisants du projet», écrivait en janvier 2012 Will Oremus sur Slate.fr. L’administration des chemins de fer de l’Etat a depuis reconnu que le projet coûterait plus cher et serait plus long à construire…

«Cette honnêteté est la bienvenue, mais elle arrive trop tard. Un sondage récent montre que l’opinion s’est retournée contre le train à grande vitesse, avec près de deux tiers des personnes interrogées affirmant qu’elles ne voteraient plus pour.»

Slate.fr

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