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De nouvelles espèces végétales envahissent l'Antarctique

Slate.fr, mis à jour le 07.03.2012 à 13 h 18

Antarctic Ocean. Blatantworld.com via Flickr CC Licence by

Antarctic Ocean. Blatantworld.com via Flickr CC Licence by

Les envahisseurs du Pôle sud. Cela pourrait être un bon titre de film catastrophe ou de science-fiction, mais la réalité est plus prosaïque. Selon une étude parue dans le journal officiel de l’académie des sciences américaine, de nouvelles plantes sont en train de se développer en Antarctique, fragilisant la flore locale.

Selon la BBC qui reprend l’information, les terres australes sont de plus en plus fréquentées par les scientifiques, mais aussi par les touristes. Entre 2007 et 2008, l’équipe de chercheurs a inspecté le matériel de 850 personnes voyageant en Antarctique, soit moins de 2% de l’ensemble des visiteurs sur cette période. En moyenne, chacun d’entre eux transportait 9,5 graines végétales, sous leurs bottes, dans leurs vêtements ou leurs sacs à dos.

Une découverte qui resterait anecdotique si elle n’était pas lourde de conséquences pour l’écosystème local. L’Antarctique possède plusieurs variétés de plantes endémiques, c’est-à-dire que l’on ne retrouve nul par ailleurs. L’irruption de nouvelles espèces sur un territoire préservé depuis des milliers d’années est désormais établie, relève Steven Chown, un des responsables de l’étude:

«Par le passé, les gens ont été sceptiques à ce sujet, les terres étant couvertes de glace, les plantes ne pourraient jamais s’implanter, pensaient-ils. Ils oubliaient qu’une part infime mais non négligeable de l’Antarctique, moins de 1%, est libre de glaces, et s’est réchauffée très rapidement.»

Car si les graines ont pu se développer, c’est précisément parce que la température a considérablement augmenté, expliquent les scientifiques. Les conséquences du réchauffement de la planète se font sentir, même sous ces latitudes. Associé à un accroissement de la fréquentation humaine, ce phénomène climatique est aussi à l’origine de la prolifération de plantes «aliens». 

Le Traité de l’Antarctique interdit l’introduction d’organismes végétaux nouveaux sur le continent, mais il ne s’applique qu’aux actes volontaires. Des mesures doivent donc être prises pour éviter une invasion dont les conséquences, à terme, pourraient s’avérer dommageable.

The Economist prend ainsi l’exemple de l’Australie, qui a développé une législation stricte en la matière: «Lorsqu’on arrive à Sydney, les autorités australiennes recherchent et confisquent tout organisme végétal étranger», rappelle le journal.

Une telle mesure n’est pas encore légalement obligatoire pour les personnes se rendant en Antarctique, même si Steven Chown considère qu’un tel réflexe devrait être «une obligation morale». Mais, rappelle-t-il, l’Antarctique devra surtout se protéger de l’espèce la plus envahissante d’entre toutes: l’espèce humaine.

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