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Syrie: John McCain favorable à des frappes aériennes américaines

Slate.fr, mis à jour le 06.03.2012 à 10 h 50

JohnMcCain via Wikimedia commons

JohnMcCain via Wikimedia commons

John McCain est devenu le premier sénateur américain à prendre position pour des frappes aériennes en Syrie, expliquant qu’un effort international était nécessaire pour protéger les civils et mettre en place des zones sécurisées pour les forces de l’opposition dans un pays où l’escalade de la répression gouvernementale a fait des milliers de victimes. McCain a déclaré dans un discours devant le Sénat:

«Le type d’atrocités de masse que l’Otan a voulu empêcher à Benghazi en intervenant en Libye sont désormais une réalité à Homs. La Syrie est aujourd’hui le théâtre de violences d’Etat parmi les pires depuis les crimes de guerre commis par Milosevic dans les Balkans, ou l’annihilation de la ville tchétchène de Grozny par les Russes.»

Le sénateur de l’Arizona a reconnu qu’il y a toujours le risque d’attiser les conflits sectaires dans le pays en faisant intervenir des forces étrangères. Mais l’ancien candidat républicain à l’élection présidentielle américaine estime que le risque existe, quelle que soit la décision des Etats-Unis sur une éventuelle intervention. Selon lui, ce n’est qu’une question de temps avant que des forces étrangères confrontent le régime d’al-Assad par la force, «avec ou sans nous».

McCain estime que l’établissement de zones sécurisées dans le nord du pays permettrait à l’Armée syrienne libre et à d’autres groupes armés de mieux s’organiser contre les forces gouvernementales tout en rendant possible l’acheminement d’aide humanitaire et militaire.

Reuters rapporte que «le sénateur républicain appelle les Etats-Unis à obtenir l'engagement actif de partenaires arabes, comme l'Arabie saoudite, et d'alliés de l'Otan, Turquie en tête» afin de «contourner l'opposition de la Russie et de la Chine à l'ONU».

En 2007, McCain s’était fait remarquer en chantonnant «bomb bomb bomb, bomb bomb Iran» sur un air des Beach Boys en réponse à une question sur d’éventuelles frappes aériennes contre les installations nucléaires iraniennes.

Pas moins de 2.000 Syriens ont fui la province d’Homs pour le Liban depuis dimanche 4 mars tandis qu’on estime à 7.000 le nombre de Syriens morts depuis le début du soulèvement contre le régime de Bachar al-Assad il y a un an, souligne CNN. La Syrie refuse toujours l’entrée dans Homs à la Croix Rouge, et les témoignages de réfugiés qui ont réussi à en sortir laissent craindre une véritable catastrophe humanitaire.

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