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H5N1 muté: le virus serait moins dangereux que prévu

Slate.fr, mis à jour le 02.03.2012 à 11 h 15

 Virus vu d'un microscope, mars 2009. kat m research via Flickr CC License by

Virus vu d'un microscope, mars 2009. kat m research via Flickr CC License by

Depuis le mois de janvier les titres alarmistes se multiplient dans la presse: «Ce virus mortel que l’on pourrait vous cacher», «Un virus mutant très dangereux», la création en laboratoire d’une version mutante du virus H5N1, plus connu sous le nom de grippe aviaire, a affolé les médias. En réalité, les recherches scientifiques en cours pourraient s’avérer beaucoup moins dangereuses que prévu, rapporte le New York Times, citant Ron Fouchier, l’un des créateurs du virus:

«Nous avons entendu à plusieurs reprises que ce virus pourrait se propager comme une traînée de poudre s’il arrivait qu’il sorte de nos laboratoires. Nous ne pensons pas que cela soit le cas.»

A l’origine des inquiétudes, les travaux de Ron Fouchier du centre médical Erasmus à Rotterdam. L’équipe de ce scientifique a en effet identifié des mutations spécifiques du virus qui le rendraient beaucoup plus contagieux et dangereux pour l'espèce humaine. Le but est évidemment de mieux connaître cet agent pathogène, qui a pour particularité de muter très rapidement, comme le montre sa réapparition sous une forme nouvelle en Chine et au Vietnam, en septembre 2011.

Jusqu’ici rien d’inhabituel: les chercheurs travaillent régulièrement sur les virus les plus mortels. En France par exemple,  des chercheurs travaillent toute l’année dans le laboratoire P4 de Lyon sur les maladies les plus contagieuses.

Mais la polémique a surgi lorsque les scientifiques néerlandais ont voulu publier leurs travaux, fin décembre 2011. Trop risqué avait alors estimé l’agence de biosécurité américaine, qui avait préconisé que seules les données ne permettant pas la reproduction de l’expérience soient publiées, par crainte d’une utilisation du virus à des fins terroristes.

Cette «censure» avait alors fait vivement réagir les scientifiques, les uns défendant ce qu’ils considéraient comme une mesure de précaution, les autres souhaitant la publication de toutes les informations pour ne pas entraver l’avancement de la recherche.

Les nouvelles déclarations de Ron Fouchier viennent donc apaiser le petit monde de la virologie. Participant à une conférence mercredi 29 février, le chercheur a livré un peu plus de détail sur ses expériences. Les furets utilisés pour observer la propagation du virus mutant n’ont pas tous été systématiquement infectés lorsqu’ils y ont été exposés, a-t-il expliqué.

En d’autres termes: la transmission du virus serait beaucoup moins systématique et rapide que ce que l’on pensait. L'agent pathogène créé reste donc plus dangereux pour l'espèce humaine, mais on est encore loin du scénario du film Contagion de Soderbergh, dans lequel l'humanité est frappée par un virus qui tue en quelques jours. Mais que les amateurs de films catastrophes se rassurent: on vient de trouver la présence du virus de la grippe chez les chauves-souris. De quoi donner des idées aux réalisateurs en manque d'inspiration.

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