Monde

Google, Facebook et autres nous traquent en permanence

Slate.fr, mis à jour le 01.03.2012 à 19 h 33

One of the rare non-Apple laptops seen in an otherwise cool park full of cool people / Ed Yourdon via Flickr CC Licence by

One of the rare non-Apple laptops seen in an otherwise cool park full of cool people / Ed Yourdon via Flickr CC Licence by

Alexis Madrigal, journaliste à The Atlantic, dépeint un tableau effrayant du paysage publicitaire en ligne auquel chaque internaute est quotidiennement exposé.

«Ce matin, si vous avez ouvert votre navigateur et êtes allé sur le site du New York Times, une chose incroyable est arrivée dans les millièmes de seconde qui séparent votre clic du moment où les nouvelles (...) sont apparues sur votre écran. Des données de cette simple visite ont été envoyées à dix compagnies différentes, incluant des filiales de Microsoft et Google et d’autres plus petites entreprises. Presque instantanément, ces entreprises peuvent repérer votre visite, placer des publicités spécialement adaptées à vos yeux, et ajouter ces données au fichier toujours plus fourni vous concernant.»

Cet Internet fantôme est fait de petites sociétés cachées derrière les grands noms (Google, Microsoft, Facebook, Yahoo!), qui veulent toutes vous montrer des publicités sur lesquelles vous êtes susceptible de cliquer et vous proposer des produits que vous voudrez probablement acheter. 

«Chaque mouvement que vous faites sur Internet vaut un petit quelque chose pour quelqu’un, et tout une panoplie de sociétés veulent s’assurer qu’aucune de vos visites sur Internet n'échappera à la monétisation.»

Le journaliste a installé l’outil Collusion, un add-on de Firefox qui permet de découvrir quelles sociétés de publicité en ligne vous suivent sur Internet. Pour tenter de mettre fin à cette traque secrète, il s’est ensuite rendu sur le site d'autorégulation mis en place par les professionnels de la publicité, et a décoché toutes les compagnies proposées.

Après vérification, nombre d’entre elles continuaient pourtant à collecter des données sur lui… Il est possible de se désengager pour ne plus recevoir de publicités ciblées, pas d’empêcher les sociétés de continuer à collecter des données personnelles.

Pour l'instant, la «bêtise» des machines nous préserve d'une catastrophe, pense Madrigal, «mais ces données vont rester et l'intelligence des machines augmente rapidement». Et les sociétés qui traquent les internautes finiront par relier et croiser les différents «moi» numériques de chacun... Jusqu'à peut-être franchir la limite ultime, celle de l'anonymat des données.

Le Washington Post rappelle par ailleurs que la nouvelle politique de confidentialité de Google est entrée en vigueur le 1er mars (malgré, en France, les «inquiétudes» de la Cnil). Le moteur de recherches sera en effet en mesure de collecter et croiser des données de l’utilisateur connecté via un compte des services Google comme Gmail ou Youtube. Ne pas rester connecté à longueur de journée sur son compte mail ou effacer l’historique de ses recherches font partie des habitudes que les internautes vont devoir prendre pour éviter d’être constamment traqués par la société.

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