Economie

Pourquoi les super riches aiment vivre au Royaume-Uni

Slate.fr, mis à jour le 27.02.2012 à 13 h 22

London - Tower of London / rudolf_schuba via Flickr CC Licence By

London - Tower of London / rudolf_schuba via Flickr CC Licence By

Le magazine Forbes publie chaque année le CLEWI (Cost of Living Extremely Well Index), une sorte de panier de la ménagère version luxe, qui mesure l’augmentation des prix de quarante biens de consommation réservés aux «super riches».

La liste de l’index de Forbes révèle un monde totalement ignoré du commun des mortels, détaille le journaliste et écrivain anglais John Lanchester, qui s'est penché dans Le Guardian sur cette population d'hyper privilégiés: 

«Cet index des super riches est fait de biens qui sont, disons, différents. Un manteau de zibeline russe coûte 240.000 dollars, un lifting 18.500 dollars, un cheval pur-sang âgé d’une année 319.340 dollars, un hélicoptère de marque Sikorsky coûte 14,8 millions de dollar, une composition florale pour six chambres changée hebdomadairement 98.100 dollars (…)»

Or le Royaume-Uni et sa capitale Londres accueillent plusieurs milliers de représentants de ces 1%, les personnes situées tout en haut de la distribution des revenus:

«Les super riches sont au-delà de ceux que la population considère comme simplement riches. A partir de 100 millions de dollars, même les très riches considèrent que vous êtes riche. Quiconque détient autant d’argent n’aura manifestement jamais plus le moindre problème matériel.»

Si Londres compte autant de super riches, c’est en raison d’une politique délibérée liée au statut des contribuables qui ont des revenus à l'étranger: l'argent gagné hors du Royaume-Uni n’est pas pris en compte dans le calcul de l’impôt.

«Cette politique revient en pratique à mettre un énorme panneau disant: "Vous les riches, venez vivre ici ! Vous n’aurez pas à payer d’impôt !" D'autres pays ont des impôts réduits pour attirer les entreprises, mais les seuls dont la politique fiscale envers les super riches ressemble à celle des Britanniques sont des paradis fiscaux comme Monaco ou la Suisse!»

Cette politique est maintenue par tous les gouvernements, note Lanchester, et bien qu’une taxe annuelle de 30.000 puis de 50.000 livres pour ces contribuables ait été instaurée, «de telles sommes représentent pour les super riches –comme le montre un rapide coup d’œil à la liste de Forbes– moins que la facture du fleuriste de l’une de leurs innombrables propriétés».

Pour Lanchester, le Royaume-Uni doit se poser la question de l’utilité d’une telle politique. L’argument selon lequel les super riches font augmenter le niveau de revenu de tous les autres en dépensant plus ne lui semble pas convaincant. Il n’y a pas d’étude du Trésor britannique sur le sujet.

Et si le bilan économique lié à leur présence est mitigé, les conséquences sociales de ces écarts de revenu sont préoccupantes. Les super riches ne vivent plus vraiment parmi les autres, sont coupés des réalités et leur niveau de vie révèle «qu'alors que le gâteau partagé augmentait chaque année pour tout le monde, ce gâteau se réduit et les super riches continuent de s'enrichir».

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