Monde

Un virus mystérieux frappe les moutons et les boeufs anglais

Slate.fr, mis à jour le 27.02.2012 à 12 h 53

Sheep / Joost J.Bakker Ijmuiden via Flickr CC License By

Sheep / Joost J.Bakker Ijmuiden via Flickr CC License By

Un mystérieux virus qui touche les élevages ovins et bovins fait des ravages au Royaume-Uni et menace toujours le reste de l'Europe. Son nom: le virus Schmallenberg.

Le Telegraph rapporte que 69 fermes de moutons et 5 élevages bovins du sud et de l'est de l'Angleterre sont aujourd'hui touchés, et un millier dans le reste Europe. Ce virus, encore mal connu, n'est pas observable avant que les brebis ou les vaches mettent bas, ce qui donne des agneaux morts-nés ou porteurs de malformations mortelles pour le novueau-né comme pour sa mère. 

En Angleterre, un éleveur a déjà perdu 20% de ses têtes, une «catastrophe» pour les professionnels, et les autorités craignent que le virus s'étende aux gros élevages du nord de l'Angleterre, de l'Ecosse ou du Pays de Galles, déjà en alerte d'après la BBC. Alastair Mackintosh, du Syndicat national des agriculteurs (National Farmers Union) a évoqué «une bombe à retardement», et appelé les agriculteurs à une grande vigilence. 

Le virus Schmallenberg est toujours présent en Allemagne, sa terre d'origine (il y a été observé pour la première fois en novembre 2011), où il a touché 737 exploitations, comme le rapporte le Spiegel. Il est encore observé aux Pays-Bas, deuxième pays où il s'est propagé, en Italie, au Luxembourg et Belgique. En France, on recensait au 14 février 95 élevages touchés dans 19 départements selon le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement. Le nord de la France est principalement inquiet avec 12 élevages touchés selon France 3.

Le fait que les élevages bovins soient touchés inquiète les éleveurs britanniques: des conséquences sur la production de lait pourraient être dramatiques avec une industrie déjà sous pression.

Les premiers cas anglais ont été déclarés au mois de janvier 2012, sans signe avant-coureur. Le virus aurait pu être importé à l'automne par des moucherons, mais il demeure mal connu. Un vaccin pourrait prendre deux ans à développer. Et son mode de transmission demeure également mystérieux: on ignore toujours si la transmission directe d'un animal à un autre est possible, ou si elle ne s'effectue que via des piqûres d'insectes.

«La maladie vient d'un groupe de virus qui se répandent généralement par des piqûres d'insecte, d'où la théorie des moucherons, explique le Telegraph. Mais de nombreux animaux ont également été importés en Angleterre depuis d'autres pays des zones affectées, et il est possible que la maladie se soit répandue comme ça

La Food Standards Agency britannique (agence de l'alimentation) n'a pour l'instant pas émis de réserves sur la consommation et il est «peu probable» que le virus Schmallenberg présente des risques pour le consommateur. La Russie et le Canada ont déjà arrêté les importations en provenance des zones touchées. 

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