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Die Linke sème la zizanie dans la succession du président allemand

Slate.fr, mis à jour le 25.02.2012 à 9 h 28

un drapeau de Die Linke.

un drapeau de Die Linke.

Beaucoup de bruit pour rien? C’est un vrai/faux flottement qui pèse sur la succession de Christian Wulff, ex-président de la République fédérale allemande, contraint de démissionner il y a peu suite à un scandale financier.

Depuis, tous les partis politiques représentés au Bundestag se sont accordés autour d’un candidat consensuel, le pasteur Joachim Gauck. Tous, sauf un. Le parti d’extrême gauche Die Linke, qui, par souci du symbole, a souhaité se démarquer, lit-on dans le Frankfurter Rundschau:

«Die Linke n’aime pas Joachim Gauck. Seulement, le parti a du mal à trouver son propre candidat. […] Et ce ne serait pas la première fois. Quand, en 2009, il dut opposer quelqu’un à Horst Köhler, le candidat de Merkel, il présenta le comédien Peter Sodann. Juste après sa nomination, ce dernier fit part des pensées qu’il développait sur l’Allemagne et la fonction présidentielle lorsqu’il était assis sur le trône. Il annonça également qu’aussitôt élu, il s’empresserait d’arrêter Joseph Ackermann, le président de la Deutsche Bank.»

C’est Horst Köhler qui est devenu président. C’est aussi lui qui démissionna en mai 2010, en cédant sa place à Christian Wulff. Bref, l’histoire se répète. Depuis jeudi, Die Linke a fait circuler l’idée de Beate Klarsfeld, une personnalité bien connue des Français, rappelle la Tageszeitung:

«En 1968, en plein congrès de la CDU, cette femme, aujourd’hui âgée de 73 ans, avait giflé et avait violemment interpellé sur son passé nazi le chancelier Kurt Georg Kiesinger. Plus tard, elle se consacra, avec son mari Serge, à livrer à la justice l’ancien chef de la Gestapo de Lyon, Klaus Barbie.»

Beate Klarsfeld s’est dite prête, vendredi 24 février, à endosser la fonction présidentielle. L’AFP a recueilli les raisons de son accord:

«D’un point de vue symbolique, ma candidature contrasterait avec celle de Gauck, dans la mesure où elle incarne la chasse aux anciens nazis au sein de la politique allemande et la mise à jour des criminels national-socialistes du monde entier. A Joachim Gauck, l’Allemagne doit  la création d’une loi sur les archives de la Stasi.»

Seulement voilà. Le lendemain de l’annonce du choix de Klarsfeld, Die Linke a fait savoir qu’elle n’était pas tout à fait unie sur le sujet, et que deux autres propositions émergeaient. En effet, le chercheur Christoph Butterwegge et la députée Luc (abréviation de Lukresia) Jochimsen se sont désormais immiscés dans la décision finale. Le flottement ne devrait pas s’éterniser, apprend-on dans le Spiegel, puisque le parti communiquera sa décision lundi.

En attendant, Die Linke a complètement raté son coup d’éclat, commente Tom Strohschneider, du service «Opinions» du quotidien de gauche Die Tageszeitung:

«Ce qui aurait dû être une intervention critique au milieu des discussions autour de la nomination de Gauck est en train de devenir une discussion interne au Parti.»

Et puis, sachant que Die Linke compte pour 10% des voix dans l’assemblée chargée d’élire le président de la République fédérale d’Allemagne, on est en droit de se poser la question: pourquoi tant de bruit pour rien?

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