Monde

Plongée dans l'Amérique conservatrice

Slate.fr, mis à jour le 22.02.2012 à 11 h 02

Gov. Sarah Palin in Dover, NH / sskennel via Flickr CC Licence by

Gov. Sarah Palin in Dover, NH / sskennel via Flickr CC Licence by

Selon les récentes données de l’institut Gallup, analysées par l’éditorialiste Richard Florida dans The Atlantic Cities, l’Amérique bascule de plus en plus à droite.

«Les Américains se disent dorénavant beaucoup plus conservateurs que libéraux (dans le sens américain, "liberal" signifie "de gauche" ou "progressiste", NDLR).  Les premiers sont presque deux fois plus nombreux que les seconds: 40% s’identifient aux conservateurs, 36% aux modérés, et 21% se disent libéraux.»

Cette proportion de 40% de conservateurs se retrouve dans vingt Etats, alors que dans quatre autres (Utah, Wyoming, Mississippi, Alabama), la droite est en majorité absolue parmi la population. Il n’y a plus guère que le Massachusetts et le District of Columbia où les libéraux sont majoritaires.

Corrélations entre Etats et préférences politiques?

Richard Florida, célèbre pour ses écrits sur la creative class, selon laquelle les travailleurs intellectuels et créatifs sont la source de développement économique des villes américaines post-industrielles, analyse les corrélations qui existent entre la ferveur conservatrice et les caractéristiques des Etats américains.

Les Etats conservateurs sont considérablement plus religieux que les Etats libéraux. Cette corrélation a même augmenté, note Florida. Les Etats conservateurs sont par ailleurs moins éduqués que les libéraux. 

On trouve une corrélation forte entre la structure de classe de l’Etat et la préférence politique: Etats plus conservateurs là où les cols bleus sont nombreux, plus libéraux quand la proportion de travailleurs de l’économie de la connaissance et de la création augmente. 

Enfin, les Etats les plus conservateurs sont les moins divers: la proportion d’immigrés comme de gays et de lesbiennes est négativement corrélée avec l’affiliation conservatrice. Il n’y a, en revanche, pas de corrélation observée entre la composition ethnique de l’Etat (le pourcentage de blancs, de noirs, d’hispaniques) et  les préférences politiques de ses habitants.

La bipolarisation du débat politique américain agace par ailleurs Charlotte Allen, qui s'amuse dans le LA Times à analyser les difficultés qu'ont libéraux et conservateurs à se parler et à débattre…

«J’ai pourtant essayé, croyez-moi. J’ai une mère de gauche, quatre frères et soeurs de gauche et leur progéniture de gauche, et toute une bande d’amis de gauche (…) Le problème est le suivant: nous les conservateurs pensons que les libéraux sont idiots… ils pensent que nous sommes diaboliques. Dites à un libéral que vous espérez que le président Obama soit battu et vous serez traité de raciste. Parlez de votre opposition au mariage gay, vous serez homophobe…» 

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