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L'ancien maire de Londres propose de «pendre un banquier par semaine»

Slate.fr, mis à jour le 20.02.2012 à 11 h 37

Hanging around. hisParticularGreg via Flickr CC Licence by

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La finance manque de moralité? Les banquiers sont des irresponsables qui mettent en péril notre économie? Ken Livingstone a la solution. Maire de Londre de 2000 à 2008 et candidat à l’élection municipale de 2012 face au conservateur Boris Johnson, il aurait déclaré lors d’un dîner qu’il faudrait «pendre un banquier par semaine jusqu’à ce que les autres s’améliorent», rapporte le Sun.

Une simple «blague» selon son porte-parole, et qui le serait restée si celui que les Britanniques surnomment «Ken le Rouge» n’avait pas déjà un lourd passif de «déclarations indéfendables», rappelle le Telegraph, qui publie la liste des dérapages du candidat. Rattaché à l’aile gauche du Parti travailliste, Ken Livingstone est en effet coutumier de ces violentes attaques contre le monde de la finance, avec une prédilection pour les comparaisons avec le nazisme. Comme lors de cette sortie quelque peu hasardeuse en 2000:

«Chaque année, le système financier international tue plus de gens que la Seconde Guerre mondiale. Mais au moins Hitler était fou vous savez.»

Elu à la tête de la capitale, il récidive en regrettant que le conseil municipal londonien ait «moins d’indépendance que le régime de Vichy en France à l’époque des nazis». Toujours dans la même veine, il dénonce la politique conduite par les conservateurs, responsable de «la même pénurie de logements que celle causée par Hitler et cinq ans de bombardement»

L’élection municipale aidant, 2012 s’annonce également comme un excellent cru. Mais le nazisme semble désormais passé de mode, la pendaison a désormais les faveurs de Ken Livingstone. «Combien de personnes pensent que nous devrions pendre George Osborne?», lancait-t-il  déjà lors d’un meeting en novembre 2011, s’en prenant à l’ancien Premier ministre, pourtant du même parti que lui.

Début février, il s’est distingué en déclarant que le parti conservateur était «truffé d’homosexuels refoulés», affirmant que certains députés travaillistes n’auraient accédé à ce poste que grâce à leur orientation sexuelle. Un «compliment caché» pour le parti conservateur a-t-il ensuite expliqué...

Ses propos sur les banquiers qui devraient être pendus viennent donc s’ajouter à cette longue liste. Mais cette provocation pourrait lui porter préjudice. La City constitue en effet le moteur économique de la ville qu’il souhaite diriger. Les associations de banquiers ont d’ailleurs vivement réagi, dénonçant la «perpétuelle diabolisation du secteur banquier, qui emploie un demi-million de personnes au Royaume-Uni, dont plus de 140.000 à Londres», avant de conclure:

 «Si M. Livingstone entend se mettre à dos une bonne part de son électorat, il est dans la bonne direction.»

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