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Sarkozy candidat, plus Bush Junior que Schröder

Slate.fr, mis à jour le 18.02.2012 à 11 h 41

George W. Bush et Nicolas Sarkozy au G20 à Washington, le 15 novembre 2008. REUTERS/Jim Young

George W. Bush et Nicolas Sarkozy au G20 à Washington, le 15 novembre 2008. REUTERS/Jim Young

En Allemagne, l'annonce officielle de la candidature de Nicolas Sarkozy à la présidentielle a déclenché une avalanche de commentaires sur cette non-surprise. Pour le Tagesspiegel, le jeu du chat et de la souris est enfin terminé.

Le journal berlinois indique que dernièrement, Sarkozy hésitait même à faire durer le prétendu suspense jusqu'à début mars, ce afin de conserver le plus longtemps possible son statut de président et d'homme d'État, qui le maintenait «au-dessus des bas-fonds politiques».

Mais cette campagne s'annonce plus difficile pour Sarkozy que pour ses prédécesseurs, analyse la Süddeutsche Zeitung:

De Gaulle, Mitterrand et Chirac pouvaient tous défendre leur fonction. Jamais un président n'avait encore été aussi bas dans l'estime des Français avant une élection.

Le quotidien bavarois se moque au passage de l'image de capitaine de bateau utilisée par Sarkozy lors de son passage à l'antenne mercredi 15 février au soir:

Finalement, la France n'est pas le Costa Concordia. Sarkozy n'a pas dit cela, mais il y a fait référence. Il a ensuite expliqué comment le monde évolue d'une façon dramatique. La France aurait tous les atouts pour s'en sortir, à condition de s'en servir –et pour cela elle a besoin de lui comme président.

Au-delà de la nouvelle, la presse allemande s'inquiète de la dérive populiste du discours de Sarkozy durant cette campagne.

«L'ex-chancelier Gerhard Schröder (SPD) ne serait plus son modèle, mais plutôt l'ancien président des États-Unis George W. Bush, qui avait été réélu en 2004 en s'opposant aux élites», note le Tagesspiegel.

Pour le quotidien de gauche la taz, l'ombre du choc du 21 avril 2002, quand le Front national avait été élu au premier tour face à Chirac, plane bel et bien au-dessus de cette présidentielle:

En vue du premier tour, il s'agit avant tout pour lui d'empêcher que les électeurs de droite se tournent vers Marine Le Pen. Pour Sarkozy, le danger c'est de ne pas arriver au second tour, parce que les Français, en matière d'extrême-droite, préfèrent voter pour l'original que pour la copie.

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