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Allemagne: accusé de corruption, le président démissionne

Temps de lecture : 2 min

Christian Wulff. xtranews.devia Flickr CC Licence by
Christian Wulff. xtranews.devia Flickr CC Licence by

Le président allemand Christian Wulff a annoncé sa démission vendredi 17 février, concluant ainsi un feuilleton politico-judiciaire démarré deux mois auparavant, rapporte le Spiegel. «La confiance de mes citoyens est affectée. Pour cette raison, il ne m'est plus possible d'exercer mes fonctions», a-t-il déclaré.

Conservateur, élu en juin 2010 à la tête de l’Etat fédéral, Christian Wulff était empêtré depuis décembre 2011 dans une affaire de corruption. Les faits remontent à la période 2007-2009, alors qu’il n’était encore que chef du gouvernement régional (Land) de Basse-Saxe. Un mandat durant lequel il aurait bénéficié d’un prêt immobilier de 500.000 euros, obtenus à des taux très avantageux auprès de la femme de l’industriel Egon Geerkens.

Si le fait d’emprunter de l’argent à titre privé est parfaitement légal, la loi du Land de Basse-Saxe «interdit aux responsables politiques d’accepter tout cadeau ou gratification dans le cadre de leurs fonctions». Accepter un crédit à un taux très bas constitue ainsi un délit de prévarication pour une personne dépositaire de l’autorité publique.

Christian Wulff était aussi impliqué dans d’autres scandales. Il aurait exercé des pressions sur le tabloïd Bild afin d’étouffer l’affaire, a bénéficié de réductions indues pour acheter sa voiture et s’est fait offrir des vacances luxueuses par de riches amis, énumère le Spiegel dans un éditorial publié mardi 14 février:

«Cumulées, ses transgressions révèlent un homme qui n’est pas fait pour être président, c’est pourquoi il devrait démissionner.»

Un appel entendu par le parquet d’Hanovre, qui a décidé jeudi 16 février de lever son immunité, une première dans le pays. La situation n’était donc plus tenable pour Christian Wulff, qui n’a pas attendu la suite des poursuites judiciaires pour quitter son poste.

Si la fonction revêt un caractère plus honorifique que véritablement politique, il s’agit toutefois de la deuxième démission d’un président allemand en deux ans, après celle de Horst Köhler en mai 2010. Christian Wulff était membre du parti de droite majoritaire CDU, dirigée par la chancelière Angela Merkel. Cette dernière a fait savoir lors d’un discours qu’elle souhaitait mener des discussions avec l’opposition pour proposer un candidat commun.

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