Sports

Arabie saoudite: pas de femmes, pas de Jeux?

Slate.fr, mis à jour le 17.02.2012 à 11 h 25

webcam du Stade olympique sur le site officiel des JO de Londres.

webcam du Stade olympique sur le site officiel des JO de Londres.

L’Arabie saoudite est l’un des trois pays à n’avoir jamais envoyé de femmes aux Jeux olympiques. Le Qatar, qui s’emploie pourtant à se développer dans le sport en France et à travers le monde, et Brunei sont les deux autres «coupables». Mais l’Arabie saoudite est la cible principale du rapport édité par Human Rights Watch, une organisation non gouvernementale de défense des droits humains, comme le rapporte le New York Times. Human Rights Watch supplie le Comité international olympique (CIO) de barrer la route des Jeux de Londres à tout sportif venu de Riad si ne cesse pas aussitôt cette discrimination envers le genre féminin.

En effet, si le Qatar et Brunei sont moins attaqués, c’est parce qu’ils pratiqueraient une ouverture plus large, notamment lors de manifestations sportives moins importantes que les Jeux olympiques pendant lesquelles des femmes issues de ces deux pays ont eu le droit de concourir. De surcroît, le Qatar a d’ores et déjà décidé de faire participer des femmes à Londres tandis que Brunei, petit pays de 400.000 habitants, peine à recruter des athlètes de bon niveau aussi bien chez les hommes que chez les femmes. Pour ces raisons, il n’avait pas pu envoyer le moindre athlète à Pékin en 2008.

Christoph Wilcke, chercheur à Human Rights Watch, spécialiste du monde arabe, admoneste le CIO:

«Le CIO doit vraiment prendre conscience que l’Arabie saoudite est très marginale dans la communauté sportive et que c’est un voile noir jeté sur cette communauté sportive de permettre à un pays comme celui-là de participer aux prochains Jeux olympiques.»

Dans une réponse envoyée au New York Times, Emmanuelle Moreau, porte-parole du CIO, précise que l’organisation sportive «ne donnerait aucun ultimatum ou date butoir, mais que le dialogue pouvait apporter beaucoup».

Emmanuelle Moreau note notamment que lors des Jeux olympiques de la jeunesse qui se sont déroulés à Singapour en 2010, l’Arabie saoudite, comme le Qatar et Brunei, avait délégué au moins une jeune femme en la personne de la cavalière Dalma Rushdi Malhas, récompensée par une médaille de bronze. Le fait d’être couverte de la tête au pied avait rendu possible, il est vrai, le déplacement de Dalma Rushdi Malhas alors que d’autres sports, comme la natation, réclament d’être en partie dévêtue, ce qui est contraire à la loi islamique en Arabie saoudite.

Le rapport de Human Rights Watch exige aussi que l’éducation physique soit enfin autorisé pour les petites filles des écoles d’Arabie saoudite, pays qui, toutefois, semble faire un léger mouvement vers un début de reconnaissance du droit des femmes. En septembre dernier, en effet, le Roi Abdallah, a accordé le droit de vote aux femmes en 2015, date à partir de laquelle elles pourraient être notamment élues au sein de conseils municipaux. Un pas en avant que RFI avait qualifié alors d’«illusoire promesse d’une libéralisation».

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