France

Yves Jégo défend la construction d'un «Napoléonland»

Slate.fr, mis à jour le 16.02.2012 à 13 h 57

Napoléon. Jacques-Louis David CC Wikimedia Commons

Napoléon. Jacques-Louis David CC Wikimedia Commons

«Pourquoi emmener vos enfants poser à côté de Mickey, alors qu’ils pourraient rejouer la bataille de Trafalgar dans un aquarium géant?», s’interroge le Guardian, qui s’amuse ainsi du projet de «Parc Napoléon», porté par le député UMP Yves Jégo.

L’idée avait déjà été lancée début janvier par l’élu de la 3e circonscription de Seine-et-Marne, qui souhaite voir le parc s’installer dans la ville de Montereau, lieu de la «dernière victoire de Napoléon face aux Autrichiens», comme le rapportait alors Le Parisien.

Et l’ancien secrétaire d’Etat à l’Outre-Mer ne manque pas d’imagination en ce qui concerne les attractions. Assister à la prise de la Bastille, revivre la campagne d’Egypte ou la Berezina, rien ne semble trop beau pour concurrencer le tout proche Eurodisney.

«On peut penser à des promenades imaginaires entre l'Egypte, la Russie, des reconstitutions de batailles, mais à une seule condition: être moderne, avec des mises en scène ludiques et numériques», détaille Yves Jégo.

Il en est sûr, Napoléon est une «marque-monde», un personnage «marquant pour l'humanité», dont la célébrité peut attirer «entre 1,5 et 2 millions de visiteurs par an». Car si la passion anime l’homme politique, par ailleurs auteur de romans historiques, l’objectif est surtout économique, le site pouvant aboutir à la création de «3000 emplois directs», explique-t-il. Napoléon est «un produit qui marche bien», résume Charles Napoléon Bonaparte, descendant de Jérôme Bonaparte, le frère cadet de l’empereur Napoléon Ier.

Napoléon, héros ou tyran? «La question divise, y compris en France», relate le Guardian. Mais outre-Manche, où l’on préfère le duc de Wellington à l’Empereur, l’ironie est plutôt de mise. A l’image du Daily Mail qui s’étonne du soutien apporté par Nicolas Sarkozy, souvent comparé à Bonaparte en Angleterre, à ce projet:

«Pour des Britanniques, il peut sembler extraordinaire qu’un président français veuille associer son nom à celui d’un homme dont les actions ont entraîné la mort de millions de personnes.»

Un argument rejeté par Agnès Poirier, chroniqueuse française du Guardian. «Napoléon a fait plus pour le monde que Disney» écrit-elle, mettant en avant l’importance de Napoléon dans la consolidation de la Révolution de 1789.

L’initiative d’Yves Jégo rappelle en tout cas celle de Philippe de Villiers. Dans les années 80 l’ancien président du conseil général de Vendée avait lancé le parc du Puy du Fou, qui reçoit aujourd’hui près de 1,5 million de visiteurs chaque année. Mais, pour connaître un tel succès, le «Napoléonland» devra d’abord trouver des investisseurs privés et réunir les 250 millions d’euros nécessaire à sa construction. «Impossible n’est pas français» disait (presque) Napoléon…

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