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Les ennemis de Facebook s'organisent

Slate.fr, mis à jour le 16.02.2012 à 12 h 23

Mark Zuckerberg. REUTERS/Robert Galbraith

Mark Zuckerberg. REUTERS/Robert Galbraith

Eben Moglen est professeur à la Columbia Law School, la faculté de droit de la prestigieuse université new-yorkaise. Et il est un ennemi déclaré de Facebook comme le souligne Village Voice. Ses propos à l’égard de Mark Zuckerberg sont même extrêmement véhéments.

«Monsieur Zuckerberg a battu un record peu enviable. Il a fait plus de mal au genre humain que personne avant lui au même âge.»

Moglen parle même d’escroquerie au sujet du créateur du célèbre réseau social avec des arguments très crus…

«Tout le monde a besoin de s’envoyer en l’air. Il (Zuckerberg) a transformé ce besoin en un processus de dégénération de l’intégrité individuelle et il a réussi dans son entreprise de manière assez remarquable en proposant un “deal” plus ou moins pauvre: je vous offre la promesse de la gratuité et quelques outils informatiques de manière à ce que vous puissiez vous espionner les uns les autres en permanence.»

Moglen dit même que Zuckerberg mérite la faillite et qu’il va s’employer à faire tomber l’édifice.

Alors qu’il est possible qu’un milliard d’individus soient sur Facebook dès le mois d’août, ce n’est pas la première fois que des groupes de personne essaient de s’en prendre au réseau social. Des livres ainsi que le film The Social Network ont remis en cause, parfois avec réussite, la dimension du mythe de Mark Zuckerberg.

Si Eben Moglen remplit des salles sur le sujet à New York, Max Schrems, un Autrichien de 24 ans, étudiant en droit, a également lancé sa croisade en Europe où il tente d’emprisonner le géant américain dans certaines contraintes légales. Par le biais d’une juridiction basée en Irlande, Schrems, qui vient d’avoir les honneurs d’un portrait sur Forbes, a ainsi réussi à forcer Facebook à renoncer à toutes les informations que le site avait collectées sur lui. Depuis, 40.000 personnes ont suivi en arguant que le réseau social allait beaucoup trop loin dans la surveillance qu’il exerçait sur chacun. Facebook a dû battre en retraite, mais cela n’a pas altéré ses bénéfices records, qui s’élèveraient à un milliard de dollars.

Il n’empêche: ils sont donc de plus en plus nombreux à croire que nous pouvons avoir tous les avantages d'un réseau social sans avoir à payer en retour le prix d’une surveillance constante. Avec d’autres, Moglen a lancé son propre réseau social, Diaspora. De la même manière, Ed Knutson, très présent dans l’aventure d’Occupy Wall Street, s'est servi de Drupal, un CSM open source, pour créer un réseau libre (ni Facebook, ni Twitter) permettant de relier entre eux les indignés à travers le monde sans qu’ils soient «fliqués» d’une manière ou d’une autre. Dans une sorte de match du pot de terre contre le pot de fer, la résistance à Facebook est en marche…

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