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Natation: la peau de requin ne fait pas le maillot

Slate.fr, mis à jour le 15.02.2012 à 14 h 51

Aquarium de Cape Town, en Afrique du Sud, REUTERS/Finbarr O'Reilly

Aquarium de Cape Town, en Afrique du Sud, REUTERS/Finbarr O'Reilly

Un maillot de bain qui aurait les propriétés d’une peau de requin ? La marque Speedo en avait vendu le concept notamment en 2008  lors des Jeux olympiques de Pékin où Michael Phelps, qui avait porté ladite combinaison, avait comblé les attentes de son sponsor en décrochant le total historique de huit médailles d’or. Lors de cette moisson miraculeuse, il avait été dit que des spécialistes avaient été appelés pour la fabrication de cette tenue et qu’ils avaient littéralement disséqué la peau de requins afin de composer un tissu révolutionnaire à la base des combinaisons qui encombraient alors les bassins –elles ont été depuis interdites et n’auront pas cours aux prochains Jeux olympiques de Londres.

Quelques années plus tard, The Independent révèle que ce tissu, baptisé Fastskin, n’avait aucune des qualités de la peau de requin et qu’il s’agissait, en l’occurrence, d’une vaste opération de marketing un brin mensongère. En effet, des chercheurs de l’Université de Harvard se sont penchés sur la question et ont comparé le tissu Fastkin avec une peau de requin mort. Ils ont conclu notamment que contrairement à ce qu’avait argué Speedo, cette nouvelle matière n'offrait pas une meilleure propulsion grâce à des qualités particulières qui lui auraient permis de mieux s’opposer à la résistance de l’eau. Le professeur George Lauder est catégorique:

«Cela ne ressemble en rien à une peau de requin. Les propriétés du tissu en question, que le fabricant qualifiait de biomimétiques, ne génèrent aucune vitesse supplémentaire. 

Le Muséum d’histoire naturelle en Grande-Bretagne avait rappelé, au moment des Jeux olympiques de 2008, que la vitesse de certains requins pouvait atteindre jusqu'à 75km/h et que leur peau était effectivement très spéciale car constituée de milliers de minuscules écailles que l’on pouvait ressentir en les caressant à rebrousse-poil. Ces écailles permettent à l’animal de se mouvoir dans l’eau en régulant sa vitesse en fonction des éléments dans lesquels il évolue. C'est ce qu’aurait voulu reproduire Speedo, mais les combinaisons ont été quelque peu survendues pour l’occasion si l’on en croit les chercheurs de Harvard. 

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