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Le brainstorming ne marche pas

Slate.fr, mis à jour le 14.02.2012 à 16 h 18

The Brain Show / TEDxPioneerValley2012 via Flickr CC Licence 

The Brain Show / TEDxPioneerValley2012 via Flickr CC Licence 

«Le brainstorming ne fonctionne pas vraiment»: c’est l’affirmation de l'essayiste Jonah Lehrer, auteur de How Creativity Works, qui passe en revue dans le New Yorker de nombreuses études qui réfutent la soi-disant efficacité de cette méthode de créativité.

Dans un best-seller publié en 1948, le publicitaire de l’agence B.B.D.O. Alex Osborn affirmait que la technique du brainstorming stimulait la créativité des participants, incitant les individus à lâcher leurs idées sans craindre critiques et retours négatifs de la part des collègues.  Pourtant, un psychologue de l’université de Washington, Keith Sawyer, déclare dans l’article que «des décennies de recherches ont montré que le brainstorming produit moins d’idées que le même nombre de personnes qui travaillent seules et partagent ensuite leurs idées».

Interrogé par le site Fast Company, Jonah Lehrer explique:

«Le problème avec le brainstorming, c’est que les associations libres sont très superficielles et restreintes par le langage et les clichés. La critique (des idées proposées) est importante pour dépasser cette limite.»

En 2003, Charlan Nemeth, professeur de psychologie, sépara plusieurs groupes d’étudiantes auxquelles il donna des instructions de travail différentes pour trouver une solution au même problème. Si le groupe qui brainstormait se montra plus efficace que celui auquel aucune instruction n’avait été donnée, l’équipe invitée à débattre et critiquer les idées des autres fut jugée la plus créative. Selon le chercheur, le brainstorming est donc une stratégie contreproductive:

«Nos recherches démontrent que le débat et la critique n’inhibent pas les idées mais, au contraire, les stimulent plus que d’autres conditions.»

L'article du New Yorker met en avant plusieurs autres recherches sur le travail de groupe. Le sociologue Brian Uzzi s’est ainsi penché sur les effets de l’interaction au travail chez les troupes de comédies musicales de Broadway et s'est rendu compte que les meilleurs spectacles, comme West Side Story, étaient produits par les réseaux qui disposaient d’un niveau intermédiaire d’intimité: ni trop faible, ni trop élevé.

Isaac Kohane, de Harvard, a lui montré que les co-auteurs d’articles ayant travaillé à une proximité d’une dizaine de mètres les uns des autres obtenaient de meilleurs résultats que ceux séparés d’un kilomètre ou plus:

«A l’heure où les chercheurs passent tant de temps sur internet, il est toujours important de créer des espaces d’intimité

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